Le commerce électronique à portée de clics

Entrepreneurs ou futurs créateurs, commerçants, curieux, vous le savez, Internet est partout !

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Il transforme profondément depuis quelques années votre business, votre commerce… Le client s’informe, compare, affine son choix sur internet, achète sur internet… C’est au quotidien que vous vivez la transformation de la relation client !

Comment entretenir ce nouveau mode de relation, comment développer de nouveaux prospects, comment développer son image de marque, être à l’affût des innovations, veiller à sa notoriété ?

La présence de votre activité sur Internet vous ouvrirait de nouvelles possibilités …Mais comment vous y prendre ? L’évolution des outils est rapide. Pour l’instant vous restez à côté de la route ? Vous vous sentez « perdu » devant la profusion d’informations ?

Et Bien le moment est venu pour vous. Voici une solution innovante et gratuite conçue pour les entrepreneurs de demain.

Nous vous proposons un cours en ligne gratuit et en français pour savoir comment développer de A à Z votre activité sur Internet. Un MOOC donc ? Mais qu’est-ce que c’est ? Il s’agit d’une nouvelle forme de cours en ligne, gratuits, accessibles à un très grand nombre de personnes. Ces dernières sont, le plus souvent,  désireuses d’échanger avec une communauté de personnes partageant les mêmes problématiques.

Vous commencez à être intéressé ?

Vous n’êtes plus, maintenant qu’à 1 clic de l’embarquement pour 5 semaines qui vous aideront à transformer votre Business en E-Business. Voilà comment :

La formation est organisée en sessions hebdomadaires. Les contenus des cours sont diffusés chaque début de semaine sur la plateforme. A vous de vous connecter quand vous voulez pour visualiser les cours et acquérir les connaissances proposées.

Découvrez le programme de nos 5 semaines:

  • Semaine 1 : Définition de l’e-business, innovation et nouvelles technologies, stratégie océan bleu, chiffres clés, choix d’un cas d’étude.
  • Semaine 2: Matrice d’Ostwalder, les contraintes de l’e-business (techniques, juridiques, financières)  les phases de création d’un site internet.
  • Semaine 3: E-commerce : les chiffres clés, la saga Amazon, les grands principes ergonomiques d’un site, M commerce.
  • Semaine 4: E-marketing : création de trafic,SEO , SEM , web analytics , la publicité on line, l’affiliation
  • Semaine 5: Vous choisirez un module de spécialisation parmi les thèmes suivants : E-marketing, E-tourisme, Réseaux sociaux, Management du changement. Ce module sera assorti d’un cas pratique.

Dès le démarrage de la formation, vous définissez si vous travaillez seul ou en équipe. En découvrant la plateforme, vous verrez que des espaces de discussion sont spécialement dédiés aux échanges/interactions entre participants, notamment pour constituer des équipes. Mais vous pouvez aussi venir avec une équipe déjà constituée ! Il s’agit même d’une excellente initiative que nous encourageons.

Toutes les semaines sont organisées de la même manière :5 vidéos (essayer de regarder une vidéo par jour par exemple du lundi au vendredi ou du mercredi au dimanche),1 quiz pour tester et consolider les connaissances acquises dans la semaine, la prise en main et l’utilisation d’un  logiciel (gratuit ou libre). L’utilisation du logiciel vous permettra de réaliser une étape de travail, correspondant à votre projet dans le processus de cours que nous vous proposons.

Vous avez déjà envie de commencer ?! Et vous vous demandez quelles sont les bonnes conditions de travail ? D’abord un ordinateur, cela va de soi. Puis une connexion Internet haut débit idéalement. Le mieux est d’être déjà à l’aise avec Internet (navigation, envoi de fichiers, utilisation de messagerie électronique, etc). Le pré-requis le plus important sera votre motivation. D’autant que vous profitez d’autant plus de ce cours, si vous participez aux échanges entre participants. A cet effet, nous vous proposons plusieurs espaces d’interactions ou interactifs sur la plateforme et sur les réseaux sociaux. Nous sommes convaincus que le partage des expériences est une excellente forme d’apprentissage !

L’équipe pédagogique, dans toute sa diversité, lancera la dynamique. Frédérique, ingénieur de formation à Toulouse; Jocelyne, ingénieur pédagogique à Paris; Dorothée, enseignante en webmarketing et e-tourisme à Nantes; Daniel, enseignant chercher en gestion à Antananarivo; Eric, consultant digital et enseignant e-business à Paris; Lucas, Webmarketeur à Mougins et Arnaud, graphiste à Nice. Nous serons à vos côtés. Nous organiserons par exemple, une webconférence chaque semaine pour répondre à vos questions.

Nous vous avons concocté trois parcours pour coller au plus près des vos attentes et contraintes.

D’abord, un parcours “Découverte” qui nécessitera de votre part 2 à 3 heures de travail/semaine. Ensuite, le parcours “Apprentissage” vous demandera 6 à 8 heures de travail/semaine. Tout comme le parcours “Expert” à qui vous ajoutez le travail sur le module de spécialisation.

Vous vous demandez comment exploitez ces contenus une fois la formation réalisée ? D’abord, vous repartirez avec toutes les ressources pédagogiques mises à votre disposition en accès libre. Vous tirerez des enseignements des résultats de vos quiz et de la correction des travaux de vos pairs. Enfin, la réalisation concrète et par semaine (hormis pour le parcours découverte où il n’y a que des quiz à valider) d’une étude de cas vous permettra d’acquérir et/ou de renforcer des bonnes pratiques pour lancer votre e-business.

Alors prêts à vous lancer dans l’aventure du commerce électronique ? Osez et inscrivez-vous au MOOC “Du business au e-business”. Et n’hésitez pas à en parler autour de vous, ce cours est fait pour et avec vous.

Pour mieux nous connaître, découvrez en images comment est né ce projet (sous format de Timeline, réalisée avec Dipity)Timeline

Et visualisez où se trouvent les membres de l’équipe sur cette carte et inscrivez vous comme participants !

Rendez-vous le 5 janvier !

 

Article rédigé par Jocelyne Turpin, Frédérique Milan et Dorothée Le Vot pour « Monter un MOOC de A à Z« , proposé par l’ENS Cachan sur France Université Numérique.

Les MOOCs, où comment l’enseignement à distance couplé aux nouvelles technologies permet de repenser la façon d’apprendre

Comme l’ont mentionné les différents articles rédigés sur le blog de Call for team, l’émergence de l’économie collaborative s’explique en partie par la rapidité et la multiplicité des échanges produits grâce à Internet. Ce sursaut massif est également une réaction face aux difficultés financières des individus, notamment depuis la crise de 2008. Si j’écris ce billet ici, c’est parce que j’ai expérimenté plusieurs MOOCs (Massive Open Online Course) en tant qu’apprenant et que, d’un certain point de vue, les MOOCs participent à ce mouvement collaboratif. A minima, ils proposent des formes alternatives d’apprentissage qui méritent de s’y intéresser.

Un MOOC, c’est quoi?

Ces cours en ligne, ouverts à tous (sans prérequis), sans limitation de nombre, et gratuits (hors éventuels services additionnels payants), ont récemment remué le secteur de l’éducation et de la formation. Il s’agit en fait de plateformes Internet où tout un chacun peut accéder à des cours structurés pour un apprentissage en ligne : les cours sont découpés en modules, des exercices sont proposés pour mettre en pratique ce que l’on y apprend, des forums permettent d’échanger entre étudiants/apprenants et, enfin, ils permettent souvent d’obtenir un certificat ou une attestation de réussite de fin de parcours.
La différence fondamentale avec des ressources E-learning, est que les MOOCs sont construits pour favoriser l’interactivité au sein de la communauté d’apprenants (en plus des échanges avec les enseignants et l’équipe pédagogique).
Pourquoi ce phénomène a-t-il déchaîné les passions ? Rappelons d’abord que l’utilisation d’Internet pour diffuser de ressources pédagogiques n’a rien de nouveau. Il existe les Ressources Educatives Libres (REL ou OEL-Open Educational Ressources) avec textes, vidéos, etc. qui sont des ressources en ligne accessibles gratuitement en licence libre ou de libre diffusion, c’est-à-dire qu’elles peuvent être utilisées par des enseignants pour mettre au point leur cours par exemple. Les REL sont donc utilisées par les enseignants ou par des autodidactes en auto-formation. L’exemple le plus emblématique des REL est probablement celui de la Khan Academy dont la version française vient d’être mise en ligne. Fondée en 2006 par Salman Khan avec des cours de mathématiques, l’académie propose aujourd’hui des cours de biologie, d’économie ou d’histoire.
Open Courseware est un cas particulier des REL. Il s’agit de ressources mises en point en présentiel et qui sont simplement diffusées sur Internet. L’un des plus célèbres sites d’OCW est celui du MIT (Massachusetts Institute of Technology), lancé en 2001. Il existe également iTunes U, lancé par Apple, sur lequel on trouve des cours d’universités prestigieuses du monde entier, dont beaucoup d’universités américaines. Les OCW sont de qualité hétérogène et pas interactifs.
Tout comme la formation à distance qui précède l’apparition d’Internet. Ce mode d’apprentissage existe depuis longtemps et propose également des formes d’échange. C’est donc la façon de pratiquer qui évolue avec l’usage des technologies. Tout ce qui était réalisé avant par correspondance est aujourd’hui centralisé sur une plateforme d’enseignement, appelé LMS (Learning Management System), qui permet de gérer du contenu, suivre les activités des apprenants, mettre en place une forme de tutorat. Il faut citer “The Open University”, structure britannique qui continue de former des centaines de milliers de personnes dans le monde depuis les années 70. Ces modèles proposaient déjà une forme d’interactivité mais limitée car il s’agit de cours payants.
Une interprétation possible des MOOCs, comme le propose Matthieu Cisel, est que les MOOCs ont emprunté aux REL et à l’OCW leur côté massif, et à la formation à distance leur côté interactif. Les MOOCs définissent des objectifs et parcours pédagogiques, et ne sont pas seulement une bibliothèque pédagogique.
Les premiers MOOCs sont apparus en 2008 sous l’impulsion de chercheurs canadiens et s’inscrivaient dans une logique connectiviste (très différente des MOOCs actuels). L’apprentissage y est décentralisé et l’instructeur y jouer d’avantage un rôle de facilitateur des interactions qu’un rôle de sachant qui transmet un savoir. L’idée est de se baser presque exclusivement sur les contributions des participants et sur des ressources déjà disponibles sur Internet. Les interactions se déroulent sur les réseaux sociaux, les forums et les blogs personnels des participants.
Mais cette approche reste cantonnée à un groupe restreint d’utilisateurs initiés. La véritable vague commence en 2011 avec l’ouverture des MOOCs de l’université de Standford dont le plus emblématique reste le cours d’Intelligence Artificielle de Sebastian Thrun (le cours attire 160.000 étudiants alors que seulement 10.000 étaient attendus ; plus de 15% vont jusqu’au bout). Ces MOOCs s’inscrivent dans une pédagogie plus traditionnelle. Dans la foulée sont créées les plateformes Coursera et Udacity ainsi qu’un consortium public Edx, fondé par Havard et le MIT. Le phénomène devient rapidement mondial.
En France, le mouvement prend de l’ampleur en 2013 quand le gouvernement décide d’investir sur les MOOCs et lance la plateforme FUN, France Université Numérique. Les médias sont enthousiastes avant de devenir de plus en plus critiques. On parle de raz-de-marée numérique sur l’éducation, puis du rouleau compresseur d’Internet qui allait écraser le vieux modèle de l’enseignement supérieur.

Quels sont les enjeux ?

Pouvons-nous convenir ici qu’il s’agit de démocratiser l’accès aux savoirs? Et donc d’ouvrir au plus grand nombre l’école, l’université, puis la formation tout au long de la vie ?. Et ceci en s’adaptant à notre monde actuel, donc en intégrant les nouvelles technologies au service de l’apprentissage.
La majeure partie des universités ont, quant à elles, souvent opté pour un panel d’actions en faveur du numérique, comme par exemple : opérations structurantes d’infrastructures et de services numériques (dorsale réseau régionale THD, datacenters multi site multi acteurs, solutions de communications interactives, développement de la mobilité, …), opérations structurantes de refonte de l’offre de formation et d’évolution de la pédagogie (formations mixtes ou à distance, MOOCs, démarche qualité, et aussi l’indispensable accompagnement des enseignants, …) ; enfin l’aide à l’insertion professionnelle des étudiants.
Quelque soient les impacts aujourd’hui, les outils numériques auront au moins eu le mérite de créer des communautés d’individus sensibles et mobilisés sur l’amélioration des techniques pédagogiques d’apprentissage.
MOOCs ou pas, la relation apprenant-enseignant change considérablement. Depuis une vingtaine d’années, Internet est une encyclopédie ouverte à tous. L’étudiant, qui accède déjà à une multitude d’informations, ne demande plus au professeur de lui transmettre un savoir « d’en haut » mais de partager, organiser, faire des choix dans la masse des informations à sa disposition. C’est probablement l’enjeu majeur quand on voit que les taux d’abandon des MOOCs sont énormes. Mais l’intérêt est d’avoir su mettre l’accent sur ce point central qui pointe du doigt la corrélation entre la qualité de l’apprentissage et l’investissement de l’apprenant. Et in fine, améliorer la qualité des enseignements.
L’école, l’université, les organismes de formation vont devoir s’adapter aux dynamiques des modèles « open source » insufflés par Internet. Recherche de nouveaux modèles économiques et recherches de nouvelles organisations, l’ouverture et la transparence va permettre de s’enrichir. Nombreux sont ceux qui se sentent menacés dans leur méthodologie de travail et refusent d’évoluer (pour diverses raisons). C’est bien dommage car nous sommes définitivement plus intelligents tous ensembles. Belle utopie ? Il est clair que ces nouveaux modèles peinent à trouver des modèles économique viables et que ces cours en ligne accessibles à tous ne sont pas gratuits, voire très coûuteux. Et l’investissement des enseignants et équipes pédagogiques est immense. Il est donc important d’accompagner ce changement.
L’enjeu est véritablement la mise en place d’un nouveau type de relation entre apprenant et enseignant. Tout comme les relations entre collaborateurs et managers qui ne cessent d’évoluer. On constate d’ailleurs que beaucoup de MOOCs traitent du thème du management. De nouvelles offres de formation modulables et multi-devices devront être de plus en plus proposées par les organismes de formation et les responsables de formation en entreprise.

Accepter de repenser la façon d’apprendre

Le modèle 70/20/10, qui amène à repenser l’apprentissage, n’est pourtant pas nouveau ! Ce modèle, bien connu des professionnels de la formation, et qui évolue depuis les années 60, repose sur le principe suivant : l’essentiel des compétences est acquise par les apprentissages sur le lieu de travail (70% « On the job experience ») ; puis par les apprentissages sociaux (20% « Informal learning ») ; et par les formations structurelles (10% « Formal learning »).
Rien d’étonnant donc dans les nouveaux concepts de classe inversée ou flipped classroom pour les anglo-saxons, qui est un modèle pédagogique où les cours magistraux sont suivis en dehors du cadre de la classe, et où le temps d’enseignement des professeurs est réservé à l’interaction avec les étudiants, comme l’encadrement de projets par exemple. Ce modèle commence à se répandre au sein même des établissements leaders dans le domaine et, fait intéressant, certaines universités adoptent le modèle de la classe inversée en achetant à d’autres leur cours magistraux. En revanche, la classe inversée est difficile à mettre en place du fait des inégalités quant à la connectivité et l’accès à Internet.
Donc, il est évident que seuls, les outils numériques ne peuvent pas tout résoudre. Et ils ne seront efficaces s’ils sont bien utilisés. Mais quand on découvre les résultats de l’étude du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), où la France est pointée du doigt comme le système scolaire le plus inégalitaire, il est difficile de ne pas réagir. Je ne traiterai pas des enseignements à l’école primaire car je n’ai pas l’expérience nécessaire. Et, il me semble que l’utilisation des outils numériques n’est pas la solution à ce stade d’apprentissage. En revanche, l’innovation dans les méthodes pédagogiques apparaissent indispensables comme le précise l’institutrice Céline Alvarez pour qui l’école de demain, si elle veut être plus efficace et plus juste, devra libérer le potentiel cognitif (capacité d’apprentissages) ; le potentiel créatif (capacité d’initiatives) et le potentiel social (comme la générosité ou l’empathie par exemple).
Pour en revenir aux nouvelles formes d’apprentissages liées aux numérique, il me semble donc que la révolution est véritablement liée aux méthodes participatives et collaboratives de travail.
Grâce aux MOOCs que j’ai suivis, j’ai testé le travail en équipe, l’ouverture d’esprit, la remise en question de mes certitudes, une grande implication, de riches échanges d’expériences, …. Globalement, un réel investissement pour lequel j’ai reçu la satisfaction d’un travail bien fait. Pourtant, ceci n’a pas été simple et la mobilisation pour suivre un MOOC est lourde (cf. mon article sur le sujet « MOOC & événementiel »). Et donc le décrochage est facile. C’est l’une des critiques majeures du fait des faibles taux de complétion observés dans les MOOC (en général entre 5 à 10% des inscrits au départ suivent le cours jusqu’au bout).

Le futur du MooC

Est-ce donc étonnant que Coursera, la célèbre plateforme américaine, lance, fin septembre, un MOOC « What future for education? » avec l’University of London ?
Que cela soit pour l’université ou la formation continue, il apparaît aujourd’hui évident que de nouvelles méthodes de travail seront proposées pour utiliser les atouts du présentiel et du online. C’est l’heure de l’hybridation, de la modularisation, de la scénarisation où chacun est de plus en plus acteur de son parcours pédagogique.
Nous pouvons espérer que cela sera facilité par le compte personnel de formation (CPF), voté en mars dernier dans le cadre de la réforme sur le formation, et qui vient remplacer le DIF. Afin de favoriser son accès à la formation professionnelle, chaque personne bénéficiera, dès son entrée sur le marché du travail et jusqu’à la retraite, et indépendamment de son statut (salariés ou chômeurs), d’un CPF qui contribuera  » à l’acquisition d’un premier niveau de qualification ou au développement de ses compétences et de ses qualifications en lui permettant à son initiative de bénéficier de formation ».
Pour finir, je dirais que ce qui me plait particulièrement dans ce mouvement, c’est qu’il devient de plus en plus difficile d’avoir un seul point de vue. Nous sommes régulièrement bousculés dans nos positions parce que nous endossons alternativement des rôles différents : apprenants, enseignants, parents, collaborateurs, … Difficile d’imaginer la suite sans prendre en compte l’avis de ses pairs.
Mais au fond, le rôle de l’enseignant ne change pas. N’a-t-il pas toujours eu pour fonction d’aiguiser le sens critique de ses élèves et les rendre autonome et capable d’évoluer dans leur environnement ?

[Article rédigé pour Call for team, collectif dédié à l’innovation et au collaboratif, octobre 2014]

MOOC & Valeurs

Récemment, j’ai discuté avec une personne qui travaille pour un groupement d’employeurs dans le milieu associatif. Leur mission est de mettre en place un système de temps partagé auprès de différentes entreprises, c’est le groupement qui est le seul employeur des salariés. Ce groupement étant dispatché dans toute la France, cette personne m’expliquait qu’ils s’étaient récemment mis à utiliser des outils collaboratifs et de travail à distance comme des visio-conférences ou des tutoriels vidéos pour l’accueil des nouveaux salariés par exemple. Elle était enchantée par les possibilités offertes pour ces outils et elle s’y est intéressée de plus en plus. Elle a découvert les MOOCs et a envisagé de suivre celui proposé par l’école de commerce Audencia sur la RSE (Responsabilité Sociale de l’Entreprise). Ultra motivée, elle prend note de la charge de travail de 2 à 3 heures par semaine en se disant que c’est tout à fait envisageable. Et puis le fameux jour J arrive et là, c’est la panique totale. Découverte de la plate-forme, visualisation des ressources, échanges sur le forum, espaces collaboratifs, quiz et devoirs à rendre, …. Cette perspective lui semble insurmontable. Elle abandonne. Mais elle me précise qu’elle y reviendra, maintenant qu’elle sait qu’il faut s’y être préparé matériellement et … moralement ! Je m’explique.

 

J’ai vécu exactement la même chose. Comme je l’ai raconté dans un précédent article (« MOOC & événementiel »), j’ai dû faire plusieurs tentatives avant de m’investir pleinement dans un MOOC. Il m’a fallu un temps d’appropriation, d’approche avant de percevoir les contours de cette chose que je comparais à de simples cours en ligne au début. Il y a pourtant bien un certain nombre de valeurs universelles qui sont véhiculées à travers un MOOC. Mais le risque de mettre le pied dans un univers d’individus ultra connectés effraie. Il faut bien reconnaître que l’appropriation des plates-formes nécessite du temps. Je comprends vraiment que cela puisse rebuter. Il apparaît important de proposer un temps d’appropriation, comme la semaine 0 du MOOC « Monter un MOOC de A à Z ». Cela dit, je crois que chacun doit faire sa propre expérience et dois probablement vivre certaines déceptions au départ. On croit qu’on va consommer du MOOC comme on consomme un cours. On croit qu’on va acquérir plein de connaissances en restant assis sur sa chaise et en visionnant quelques vidéos en buvant son café. On ne s’attend pas à en être un acteur à part entière, à être impliquer pour augmenter le potentiel de retombées envisageables. Du coup, on trouve que c’est nul ! Et oui, de nos jours, nous voulons tout, tout de suite non ? Mais c’est là que le MOOC revient à quelque chose de très simple, à savoir des valeurs d’échanges vertueux. Bien sûr, ça ne fonctionne pas toujours. Mais c’est possible et pour cela, ça vaut le coup. Au final donc les MOOCs me semblent avoir cette capacité à solliciter chez chacun de nous plusieurs valeurs fondamentales.

 

D’abord la curiosité. Il faut générer une bonne dose de curiosité pour s’inscrire à un MOOC, découvrir toutes les ressources, aller chercher des compléments d’information, être happé par un autre sujet complémentaire, …. C’est stimulant. Bien sûr, le risque de noyade est élevé, il faut poser quelques garde-fous.

Ensuite, le partage. Pas la peine de rester dans son coin, c’est l’intelligence collective qui prône ! Pour moi, c’est réellement une découverte. Je l’avais déjà expérimenté un peu auparavant dans d’autres formats mais là, c’est très fort. Car ça fonctionne. A l’échelle des travaux de groupes et des devoirs à rendre, il y a des méthodes à dupliquer. Et ce partage ne va pas sans une culture d’ouverture et de transparence. Obéissant aux inputs de ma culture, je redoute plus que tout de me dévoiler et d’être jugée. Partage et transparence ne sont donc pas évidents à mettre en place au début, mais on fait un effort, et après ce n’est plus un effort car ça enrichit. Enfin, jusqu’à ce que les vieux mécanismes reviennent bien sûr … Ces bases qui favorisent le travail collaboratif favorisent également notre polyvalence…. On pourrait aussi parler des compétences développées grâce aux MOOCs mais c’est encore un autre sujet.

 

Pour finir, compte tenu de ces différents obstacles évoqués, la question de l’ouverture à des publics non familiers du web et de l’informatique me paraît être un des enjeux majeurs pour les MOOCs et plus généralement pour l’accès à l’éducation et à l’apprentissage. Cette barrière tant technique que culturelle pourra peut-être être contournée en s’appuyant sur les valeurs et usages du MOOC, qui eux, sont universels. Ouverture, travail collaboratif, échanges d’expériences, implication et responsabilisation sont des facteurs de développement pour tout type d’organisation.

Evaluation par les pairs

En écho à l’article de Matthieu Cisel « MOOC et évaluation par les pairs : l’épineuse question du procédé de notation », je vais restituer ici mon expérience quant à l’évaluation par les pairs, telle que je l’ai vécue lors du MOOCAZ (« Monter un MOOC de A à Z »), 1ère session, du 12 mai au 3 juillet 2014.

Lors de cette phase, les apprenants prennent la posture du correcteur. Mais les apprenants n’ont pas encore intégrer l’ensemble des connaissances et compétences pour pouvoir évaluer, n’est-ce-pas ? Pour autant, il s’agit d’un excellent exercice, bénéfique à tous, pour plusieurs raisons :

  • En changeant de posture, on change de regard et on prend du recul sur ses pratiques ;
  • En variant les activités dans le MOOC (vidéos, quizz, devoirs, évaluations), on maintient une dynamique productive et enrichissante ;
  • En évaluant les autres, on s’implique encore plus dans la communauté ;
  • En sachant que nos propres travaux seront également évalués par les pairs, on essaie de proposer un traitement critique et juste aux devoirs que nous corrigeons.

En revanche, l’évaluation par les pairs est complexe à mettre en œuvre. D’abord pour l’équipe pédagogique, notamment du fait de fonctionnalités limitées sur la plateforme ; ensuite pour les apprenants à cause du temps nécessité par le travail d’évaluation. J’ai regroupé en trois principales phases les obstacles observés pendant le MOOC et proposé quelques suggestions d’améliorations.

 

1/ Phase d’implication, de mobilisation des apprenants

Commençons par rappeler qu’il faut être assez organisé pour suivre un MOOC (ou avoir beaucoup de temps, ce qui est généralement rare). Donc, j’avais prévu un certain temps pour chaque tâche mais pas suffisamment pour l’évaluation ! C’est un peu la panique, il faut s’adapter, se réorganiser, …. Et puis, si ça ne passe pas, tant pis, on laissera tomber les évaluations puisque, de toute façon, les devoirs à rendre sont déjà assez longs comme cela et que l’évaluation n’est pas requise pour obtenir l’attestation de réussite. Voilà comment cela a dû se passer pour nombre d’entre nous. Donc, c’est juste une question d’organisation préalable. Si le planning de travail au départ tient compte des dates de rendu des évaluations, il deviendra évident pour chaque apprenant d’en tenir également compte dans son organisation personnelle. Cela rallongerai la durée du MOOC (j’ai compté 9 semaines au total, au lieu de 7,5 semaines, si on prenait en compte chaque semaine le rendu des devoirs et le rendu des évaluations). Il faut préciser que le temps dédié à l’évaluation par les pairs avait bien été mentionné dans la charge de travail hebdomadaire, dans la présentation du MOOC. Mais celle-ci (la charge de travail hebdomadaire) était déjà très large (entre 1 à10 heures/semaine) et difficilement estimable par les participants en amont. Je crois qu’intégrer l’évaluation par les pairs dans le planning est réellement important. Par exemple, lancement semaine 1 le lundi : accès vidéos, ressources et consigne du devoir ; devoir1 à rendre pour le dimanche ; évaluations par les pairs du devoir1 à rendre pour le mercredi ; et le jeudi de la semaine2 : accès vidéo semaine2, etc. Et ainsi de suite. Les sessions sont échelonnées sur une semaine et demie.

Dans le cadre d’une scénarisation telle que dans le MOOCAZ, avec des devoirs à rendre chaque semaine, l’évaluation par les pairs est plus constructive si elle est réalisée en continue. J’ai eu plus de difficultés à me replonger dans l’évaluation de devoirs qui avaient été fait deux semaines avant plutôt que lorsque que je venais moi-même de travailler sur le même exercice.

Côté organisation, le changement de consigne n’a forcément pas toujours été bien vécu. Pour la prochaine fois, il pourrait être précisé aux apprenants, en semaine 0, que les règles de fonctionnement du cours, si elles se trouvent ne pas répondre aux objectifs du MOOC, pourraient évoluer en cours de route. C’est à éviter évidemment mais au final, les 5 devoirs de mon équipe projet ont pu être évalués 20 fois au total, alors que nos 2 premiers devoirs avaient été évalués 1 fois chacun avant le changement de consigne. Cet événement a donc permis de constater la nécessité de cadrer au départ et rendre obligatoire l’évaluation par les pairs.

 

2/ Phase de rendu des évaluations

Une fois notre communauté mobilisée, il faut cadrer le rendu des évaluations. D’un point de vue participant, on se demande vraiment comment on va réussir à évaluer une matière que nous sommes là pour apprendre. Donc, il est important d’aiguiller ce travail, ce qui servira également à uniformiser et rendre le plus équitable possible le traitement des devoirs évalués.

L’équipe pédagogique avait proposé de passer environ 15 minutes par devoir. J’y ai passé 30 minutes par devoir : lire le fichier, prendre connaissance des critères à évaluer, les identifier dans le devoir, et rédiger les commentaires J’ai bien essayé de réduire mais sans succès. J’ai évalué 20 devoirs, soit 10 heures d’évaluation sur toute la durée du MOOC, soit environ 2 heures par semaine. Je ne vois pas comment y passer moins de temps. Et c’est une réelle charge de travail, qui, si elle est faite à la va-vite, perd tout son sens. D’autant plus que ce n’est pas le même investissement d’évaluer un devoir sur la scénarisation des activités qu’un teaser ! Sur la scénarisation, cela pose énormément de questions de conception, beaucoup plus que sur l’outil de promotion qu’est le teaser.

Mais globalement, j’ai trouvé que les critères à évaluer qui étaient proposés étaient pertinents et permettaient de garantir un minimum de qualité dans le rendu de l’évaluation, quelque soit le temps passé.

L’évaluation par les pairs n’est efficace uniquement parce qu’elle est multiple. Parce que c’est un pair, et non un enseignant reconnu qui corrige, une évaluation seule n’a aucun sens. Par exemple, sur notre page de présentation, plusieurs personnes ont dit que (justement !) le processus d’évaluation par les pairs n’était pas bien expliqué. Il est désormais évident que cette critique est constructive car elle est partagée par plusieurs personnes ; mais seule, est-ce que nous l’aurions réellement intégrée ? Donc, l’idéal serait d’établir un système de répartition des devoirs afin d’obtenir un volume d’évaluations suffisants par devoir afin de garantir une forme de fiabilité dans les évaluations. Les travaux de notre équipe projet ont été évalué de la sorte : 1 évaluation pour le devoir 1 (document de cadrage) ; 1 évaluation pour le devoir 2 (scénarisation d’une activité) ; 5 évaluations pour le devoir 3 (script du teaser) ; 5 évaluations pour le devoir 4 (teaser) ; 8 évaluations pour le devoir 5 (page de présentation). Idéalement, j’aurais apprécié davantage de retours sur les documents de conception (note de cadrage et scénarisation) plutôt que sur les outils de promotion et de communication. La règle de « 3 évaluations minimum par devoir » me semblerait être efficace et adaptée au système d’évaluation par les pairs.

Un système d’attribution reviendrait à être plus contraignant mais ceux qui souhaitent évaluer des devoirs en particulier pourraient toujours continuer à le faire en plus. Reste à savoir comment mettre techniquement en place cette fonctionnalité qui nécessite un suivi particulier. D’ailleurs, l’outil de progression individuelle proposé sur la plate-forme ne fonctionnait pas et aurait surement été utile pour l’évaluation (notamment avec la possibilité de faire remonter les commentaires attribués à son devoir, sur son espace de progression ; reste à savoir comment gérer la remontée automatique sur un compte individuel pour un devoir collectif).

Enfin, un parcours plus fluide dans le rendu des évaluations et la notification d’un accusé de réception des évaluations (tout comme pour les devoirs) aurait permis de rassurer et d’impliquer un peu plus les participants.

Sur les contenus des évaluations, il est nécessaire de maintenir un système de notation. Il permettra de délivrer une certification et se situer par rapport à la communauté. D’un point de vue auto-évaluation, les notes n’ont rien apportées pour moi. En revanche, les commentaires sont précieux s’ils sont exploités ensuite par les évalués. Il me semble également important de préciser que je pense avoir réalisé de meilleures évaluations sur les projets de création (parcours que j’ai suivi) que sur les projets d’analyse de MOOC (parcours que je n’ai pas suivi).

 

3/ Phase d’exploitation des retours

Il n’est pas surprenant de constater que nous avons du mal à accepter les critiques ! Pourtant, ce sont ces critiques que nous attendons dans cet exercice. J’avoue que parfois, en tant d’évaluateur, j’ai eu du mal à formuler mes commentaires. Quand le devoir était bon, il me semblait écrire des banalités ; et quand le devoir était insuffisant, je prenais des pincettes pour étayer mes retours. Et en tant qu’évalué, à la lecture de bons commentaires sur les devoirs de mon équipe, je pouvais trouver cela impersonnel. Sauf parfois, quand un détail dans une phrase vient montrer que la personne a vraiment apprécié le travail réalisé. Et la lecture des critiques étaient également difficile à intégrer car on ne peut pas s’empêcher de remettre en cause la légitimé de l’évaluateur, qui, après tout, n’est qu’un apprenant comme nous. D’où la nécessité de cumuler volume et qualité.

J’ai échangé avec certains participants qui n’étaient pas du tout d’accord avec les commentaires et auraient aimé échanger avec leur évaluateur, posant ainsi la question de l’anonymat. Je ne pense pas que l’anonymat se justifie. Au-delà des connaissances et compétences acquises, je trouve que l’une des richesses du MOOC, est de dévoiler des mécanismes souvent contraints en entreprise, par exemple, la responsabilisation, la prise de parole en public, l’échange participatif, …. Dans cette logique, je crois que le non-anonymat permettrait d’une part d’impliquer encore plus les évaluateurs ; d’autre part, de faciliter la réappropriation des commentaires par les évalués.

Des participants du MOOC ont réalisé des fichiers performants de centralisation des données liées à l’évaluation. Merci à eux car ce travail a permis de centraliser les évaluations afin que nous puissions les utiliser plus facilement et améliorer nos travaux si l’occasion se présente.

 

Pour finir, je dirais que j’ai vraiment vécu cet exercice comme un échange entre collaborateurs. Il était peut-être même plus facile de s’exprimer dans ce contexte où les collaborateurs Mooceurs et Mooceuses n’avaient pas d’autre enjeu que de s’améliorer.

Pour conclure, la mise en place d’une organisation efficace et fiable, le cadrage du rendu des évaluations, et la possibilité d’exploiter les retours des évaluations par les apprenants me semblent être les principaux points pour proposer une évaluation par les pairs constructive. Sans oublier que le volume des évaluations sera ici au service de la qualité des évaluations.

Impact des MOOCs sur les métiers d’enseignant et de formateur #Débat

Je propose ici une synthèse des contributions au débat de la deuxième semaine du MOOC « Monter un MOOC de A à Z ». La question était la suivante « Si leur essor se poursuit, les MOOC impacteront-t-ils le métier des formateurs et des enseignants du supérieur ? Et si oui, comment ? »

La restitution réalisée est directement extraite des commentaires des participants. J’ai essayé d’être la plus fidèle aux différents propos, sachant que le résultat est forcément induit par ma propre interprétation.

Cela dit, il est évident que les MOOCs réinterrogent notre manière d’enseigner et nombreux contributeurs y voient un formidable levier pour modifier certains comportements.

Quelques-uns expriment l’idée que seuls les outils changent, et non le métier. Ici, les MOOCs sont un moyen comme un autre de transmettre savoirs et compétences. D’autres y voient un dispositif complémentaire aux méthodes d’enseignement habituellement utilisées. L’enseignant est toujours présent et son rôle évolue ; il devient facilitateur, médiateur et arbitre.

Il faut noter que les contributeurs ont été plus nombreux à évoquer le monde de l’enseignement que celui de la formation professionnelle. Cela est-il représentatif de la provenance des participants au MOOCAZ ? Le milieu de l’enseignement est-il aujourd’hui davantage impacté par les MOOC alors que celui de la formation professionnelle n’est pas encore véritablement mobilisé sur le sujet ?

Quoiqu’il en soit, il semble désormais acté que les MOOCs, comme les NTIC, ont un impact sur le métier d’enseignant et de formateur. Et les idées, très riches, font émerger des sujets de fond.

Cette évolution des outils nécessite de nouvelles compétences techniques et pédagogiques que les enseignants et formateurs devront acquérir. Notamment pour proposer des activités en ligne, suivre et animer une communauté. Egalement pour combler des lacunes, déjà existantes (constats partagés par plusieurs contributeurs), en matière de pédagogie, notamment du côté des enseignants-chercheurs et des formateurs. Enfin, pour proposer, à travers la formation en ligne, une véritable expérience de partage et d’interaction, entre professeurs et étudiants, comme sait le faire l’école ou l’université, qui sont de puissants lieux de socialisation. Le principe de la classe inversée est évoqué comme un changement dans les approches d’apprentissage.

Plusieurs contributeurs évoquent à juste titre que les MOOCs introduisent la médiatisation des contenus de cours et obligent le formateur ou l’enseignant à penser ses enseignements en ce sens. Si ceci est vrai pour le moment pour une poignée d’individus, il apparait en revanche essentiel que tous s’interrogent sur l’étendue de la diffusion des cours créés : mise à disposition sur un partage commun à l’établissement ? entre différents établissements ? en accès libre à tous sur le web ? La culture web bouscule considérablement la mise à disposition et l’accès aux ressources. Certains contributeurs pensent que cela incitera les enseignants à améliorer la structure pédagogique de leurs cours s’ils désirent les rendre accessibles.

Cette diffusion massive de contenus amène également les étudiants à être contributeurs, soit en produisant leurs propres contenus, soit en compilant des sources complémentaires de référence à celles proposées par l’enseignant, qui n’est plus le seul détenteur du savoir. Une nouvelle forme de relation enseignant-étudiant émerge ; le rôle de l’enseignant est en mutation. Il doit s’adapter aux usages actuels du numérique et aux évolutions de méthodes de transmission de savoir, c’est-à-dire orienter son intervention vers un rôle de guide, d’accompagnateur vers le concept de « Apprendre à apprendre » qui est un pas vers l’autonomie des apprenants.

La question des rythmes d’apprentissage est également posée par les MOOCs. Plus généralement, les nouvelles technologies induisent plus de diversité et d’écarts dans les modalités d’apprentissage envisageables par chaque individu.

Côté Entreprises, car il faut aussi parler de la formation professionnelle, le format préconisé est celui des SPOC (Small Private Online Course) et il pourrait permettre d’optimiser la capitalisation des acquis et tendre vers une nouvelle gestion des connaissances (knowledge management). L’impact est ici organisationnel et culturel dans le sens où ce système engendrera un nouveau type de relations entre individus ainsi qu’une nouvelle manière de travailler et collaborer. Ce point est important car il n’est pas encore suffisamment admis de faire confiance aux collaborateurs, notamment dans la gestion de leur temps. Cette évolution soulève le sujet particulièrement sensible de l’apprentissage hors temps de travail, car il s’inscrit dans une mutation plus globale des sphères privée et professionnelle, inexorablement modifiée par l’utilisation de diverses formes de terminaux d’accès : tablette, portable, iPhone et… demain ?

 

Une personne mentionne que cela fait déjà plus de 10 ans que l’on attend des évolutions sur l’enseignement supérieur avec l’avènement du e-learning et des plateformes de formation à distance  et précise qu’on observe quasiment aucun changement aujourd’hui. Pourquoi ? Parce que les NTIC seraient considérées comme un tabou par les enseignants. J’ai également vécu cela dans le secteur privé (eh oui !). C’est un véritable enjeu. Il existe une véritable crainte à aller vers les NTIC. Et je comprends ! Car je tremble quand je constate à quelle vitesse vont les choses.

Pourtant, je continue de penser que nous vivons un changement considérable et qu’il vaut mieux être capable d’appréhender un minimum le sujet pour essayer de prendre de bonnes décisions demain. C’est ce qu’a précisément mentionné un participant, à savoir que justement le phénomène MOOC peut amener les enseignants et formateurs à l’usage des TICE.

Donc, peut-être que ce n’est pas réellement le métier, dans son contenu, qui sera impacté mais la culture des enseignants et formateurs qui se verra de plus en plus véhiculer les valeurs du web 2.0 (collaboratif, contributif et apprentissage avec les pairs). En cela, l’outil n’est qu’un moyen pour faire évoluer la relation enseignant-étudiant / formateur-salarié.

Au fond, la finalité de la transmission ne reste-t-elle pas la même ? Donner les moyens aux apprenants d’acquérir leur propre autonomie. Et une fois cette autonomie acquise, le professeur, l’enseignant, le formateur n’a plus raison d’être. Mais n’est-ce pas là sa plus grande réussite ? Devenir secondaire. Vaste sujet…

 

Dans tous les cas, une majorité de contributeurs estime que l’enjeu principal réside dans la nécessaire formation des enseignants et formateurs à l’usage des NTIC (animer une communauté en ligne, former aux nouveaux usages, utiliser les outils collaboratifs, …).

Et une fois ce débat posé, reste la question : « le modèle universitaire des MOOC est-il transposable dans le secondaire » ?

 

En synthèse, voici les nouvelles compétences à acquérir :

  • Utiliser les NTIC (et cesser de les voir comme une menace effrayante, même si, potentiellement, cela peut être en effet le cas mais tout ceci est aussi de notre responsabilité).
  • Pratiquer la scénarisation de cours, diffusables en ligne, voire distribués massivement.

Ce qui permettrait de faire évoluer le rôle de l’enseignant / formateur afin de :

  • Instaurer une nouvelle relation avec les apprenants et proposer des nouvelles modalités de suivi et d’accompagnement, notamment pour rendre efficace le travail des étudiants en classe comme à la maison.
  • Orienter l’apprentissage vers une méthodologie d’échange de pratiques, permettant notamment à l’enseignant de vérifier la véracité et l’exactitude des sources identifiées par les étudiants (point crucial).

S’il est acquis que les métiers doivent évoluer, reste à savoir comment accompagner ce mouvement.

D’autant que, comme le montre une étude de NETendances 2014 du CEFRIO, Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations (Québec), la présence d’un ou de plusieurs enfants dans le foyer influence l’équipement informatique. L’analyse de Mario Asselin précise que les usages d’internet méritent d’être encadrés pour qu’ils deviennent des occasions d’apprendre.

Commençons donc par expérimenter … pour se former.

MOOC & Live Session

En écho à l’article « MOOC et webinaires » de Matthieu Cisel qui relate l’expérience des Google Hangouts on Air de la 1ère édition du MOOC « Monter un MOOC de A à Z », je vais tenter de faire la même chose de manière complémentaire. En effet, j’ai eu la chance de participer, côté coulisse, à chacun de ces événements. J’étais chargée de relever les commentaires et questions postés sur Youtube afin de les communiquer à l’équipe, via l’outil de tchat de Google Hangout.

Il est clair que les sessions live n’ont pas fonctionné comme espéré. Si on regarde les statistiques, hormis pour le 1er Hangout, le nombre de vues, pendant et après la session, est faible. Tout comme le nombre de commentaires postés sur Youtube et Twitter (Youtube et Twitter, avec le hashtag #MOOCAZ, étaient les espaces indiqués pour solliciter l’équipe pédagogique et poser des questions). Les durées moyennes de visualisation se situent autour de 10 minutes pour les sessions ayant duré 30 minutes au total.

Les sessions live, via les Hangout On Air, n’ont donc pas répondu à l’objectif. Mais quels peuvent être les usages de cet outil d’animation ?

  • Apporter des contenus complémentaires aux ressources pédagogiques proposées sur la plateforme (ex : vidéos, bibliographie, …), également en capitalisant sur la communauté des participants en les faisant intervenir. Dans ce cas, la session prendra la forme de restitution et de prise de parole de différents participants. L’échange est centré entre les participants de la session, et pas vraiment avec la communauté. Le format asynchrone est donc adapté à ce modèle et les apprenants pourront visualiser la vidéo à n’importe quel moment.
  • Interagir avec les apprenants, générer des échanges, répondre aux questions de la communauté. Dans ce cas, la session prendra la forme d’un débat avec les apprenants ou d’interviews d’experts auxquels les apprenants pourront poser des questions en live. Ici, le format est synchrone et le nombre de participants pendant le live est essentiel.

 

En fonction de l’usage retenu, il faudra choisir :

  • L’horaire: A noter que l’essentiel des vues ont eu lieu après coup. Normal avec l’horaire à 17h. Il a fallu s’adapter aux contraintes de l’équipe pédagogique qui ne correspondaient pas à celles des participants qui consacraient du temps aux MOOCs sur leur temps personnel. Ceci n’aura pas été un souci s’il avait été décidé en amont que le format synchrone n’était pas une priorité.
  • Le jour: il est recommandé de maintenir la session le même jour chaque semaine. Cela permet de créer un rendez-vous fixe ou de savoir précisément à quel moment la vidéo sera accessible depuis la plateforme ou Youtube, et ainsi de mieux anticiper son organisation personnelle.
  • L’outil et ses fonctionnalités: Pour tchater avec les participants, les commentaires postés sur Youtube ne sont pas l’outil le plus adapté. Un outil de tchat sur une plateforme de webconférence aurait été plus efficace.
  • Le choix des intervenants: Le parti pris a été d’associer à chaque session tous les membres de l’équipe pédagogique, tous connectés depuis des lieux distincts. Après cette expérience, je me dis qu’il aurait peut-être été plus simple que chaque membre de l’équipe assure une session, chacun son tour, sans la présence obligatoire de tous les autres membres. Cela aurait également pu alléger le travail et l’investissement de chacun (et ainsi permettre de proposer un horaire plus adapté). Et puis, j’ai trouvé que ce n’était pas très efficace de voir les personnes sur la vidéo – dans les vignettes du bas – alors que celles-ci ne prennent pas la parole.
  • Les contenus en correspondance avec les attentes des participants par rapport à leur parcours dans le MOOC.

 

Quelques bonnes pratiques à retenir :

  • Préparer en amont les contenus et le déroulé de chaque session live. Ceci n’est pas incompatible avec une adaptation en cours de route mais je crois qu’il est préférable de poser un cadre de travail clair et partagé. En tant que participant, il est difficile de doser son temps, son investissement et son organisation. La session live peut devenir un outil efficace de motivation des participants si la session est bien préparée et bien construite et qu’elle répond aux préoccupations des participants durant leurs parcours de formation.
  • Écrire les questions/réponses des interviewés. Sur les interventions d’invités, qu’il s’agisse d’experts ou de participants, il est important de cadrer leur prise de parole, comme une interview. Cela permettra également à l’animateur de gérer son temps et d’insuffler un rythme dynamique lors de la session. Ceci permettra aux interviewés comme à l’animateur de se sentir plus à l’aise si cela est préparé (cf. il y a déjà beaucoup de paramètres incontrôlables du fait du live, c’est donc rassurant si on prépare bien ce que l’on peut maîtriser).
  • Rappeler les règles du MOOC et proposer un point à date. On sait maintenant comme il est complexe de gérer son investissement sur un MOOC tant par la charge de travail que parce que ce travail est majoritairement réalisé sur le temps personnel. Ceci induit une gestion professionnelle/personnelle délicate pour laquelle un cadre de travail est le bienvenu. Je précise que ce cadre posé doit permettre ensuite à chacun d’exprimer sa créativité. Donc, pour une session d’une heure, on pourrait imaginer un déroulé de la sorte : 15 minutes pour un point en cours et la réponse aux questions les plus fréquemment posées sur les forums (même si l’équipe pédagogique est très dynamique et réactive sur les forums) ; 15 minutes pour une interview d’expert ou la restitution d’un participant ; 30 minutes d’échange entre l’enseignant et les participants.
  • Anticiper et relayer une communication précise. Il s’agira d’être le plus transparent possible sur la finalité et le déroulé de la session live. S’il s’agit d’un format synchrone, la communication servira également à faire venir le maximum de personnes pendant le live. Un mail de relance peut être proposé la veille et/ou intégré dans le mail hebdomadaire de rappel des événements de la semaine (ouverture d’une nouvelle semaine de cours ; rendu des devoirs, session live, etc…).
  • Gérer le stress de la technique. Ce sont des moments assez stressants car nous sommes dépendants des connexions de chacun, du son, de l’image, … Il y a beaucoup de paramètres difficilement maîtrisables.

 

Pour les outils, il en existe beaucoup. On a donc vu Hangout On Air de Google pour diffuser en direct sur Youtube des visioconferences (jusqu’à 10 personnes qui peuvent parler en synchrone et pas de limite pour ceux qui visionnent) ; des outils comme Spreecast, utilisé par le MOOC Journalisme de Rue89 (outil payant pour le concepteur du MOOC ; les participants n’ont qu’à télécharger l’application) ; Glowbl, une plateforme de communication en ligne avec tchat vidéo (modèle freemium) ; des outils utilisés pour des webinaires comme Webikeo, MeetingBurner ou WebEx (de gratuit à abonnements). Toutes les fonctionnalités de ces outils seraient à étudier au regard des fonctions attendues pour les sessions live.

 

Pour conclure, la session live est importante car elle génère de l’interactivité et peut recréer l’expérience collective du présentiel. Pour l’équipe pédagogique, elle sera également l’occasion d’enrichir le contenu des cours par un contenu additionnel proposé sous une forme participative. Restent le choix et la gestion de l’outil qui peuvent créer du découragement tant les obstacles techniques restent présents et le rendu parfois décevant.

 

Pour Matthieu, comme expliqué dans son billet, la principale valeur du Hang Out n’est pas la synchronicité avec toute la communauté que l’intervention de participants situés aux quatre coins de la planète. C’est indéniablement une ressource pédagogique précieuse. Mais je crois aussi que le live avec un outil de tchat qui permet de regrouper des centaines de personnes au même moment (elles-mêmes également situées dans des lieux géographiques éloignés) permet de recréer un moment de présentiel indispensable dans le processus du MOOC où on peut se sentir parfois seul. La session live synchrone peut être un très bon outil de motivation qui permettrait, peut-être, de faire diminuer le taux d’abandon.

La formation des équipes

La formation des équipes de travail est une étape essentielle dans le processus d’un MOOC qui souhaite favoriser l’interactivité entre apprenants. Je vais tenter de vous restituer mon expérience sur le MOOCAZ puis d’en extraire quelques points importants.

 

Quand j’ai commencé le MOOC « Monter un MOOC de A à Z », je pensais réaliser un travail individuel car je voulais tester par moi-même l’ensemble des tâches à réaliser. Lors de la semaine 0 (semaine d’appropriation du fonctionnement de la plate-forme et d’échanges avec l’équipe pédagogique et les autres apprenants), j’ai donc proposé un projet de MOOC E-tourisme. Evidemment, étant encore peu familière de la plateforme, je me suis trompée de fil de discussion et je n’ai pas déposé mon message au bon endroit, c’est-à-dire sur le forum pour proposer des sujets et former des équipes. J’ai pris du temps pour consulter les autres projets et j’avais envie de participer à beaucoup de projets déposés tant les sujets étaient passionnants. J’ai plus particulièrement remarqué un participant cherchant une équipe pour former un MOOC de formation digital (e-business, e-marketing, management), un autre sur l’accueil touristique, ou encore un projet pour aider les élèves de Bac pro à se préparer à l’entrée en BTS. J’ai écrit à chacun de ces porteurs de projet pour signaler mon intérêt à former un groupe de travail. Rapidité de la réponse, veille de ma part sur les éventuels retours (cf. pas de notification de la part de la plateforme pour signaler une réponse sur un fil de discussion), il est évident qu’il y a une grande part de hasard lors de la constitution des équipes. En effet, le manque de fonctionnalités de la plateforme, qui ne prévoit donc pas de système de notifications, ni de système pour être au courant des groupes en cours de constitution (cf. la liste des groupes était visible une fois le groupe constitué), n’a pas facilité la phase de constitution des équipes.

 

On démarre donc notre projet à 3 personnes. On organise un premier Hangout et on pose d’entrée de jeu les règles de départ : une personne sera référente du devoir à rendre ; elle proposera une trame de départ ; les autres membres viendront enrichir le support de travail; un hangout sera organisé chaque semaine pour finaliser en commun le devoir. Lors de la première semaine, nous avons intégré une quatrième personne, ce qui n’a posé aucun souci car nous avons pu lui présenter les principes de notre organisation auxquels elle a adhéré. Le référent du devoir n’était jamais le même d’une semaine sur l’autre afin de répartir le travail. Il était également en charge de rendre le devoir sur la plateforme du MOOC (dans les délais impartis évidemment). Pour rendre le devoir sur la scénarisation d’une activité (devoir n°2), nous avons programmé notre hangout à 21h30 (faute de mieux par rapport aux contraintes de chacun). Nous avons alors travaillé jusque tard car ce devoir posait beaucoup de questions et pour laisser la parole libre à chacun. C’est donc un réel investissement. Mais nous avons réussi à produire un devoir partagé par tous les membres de l’équipe, c’est-à-dire que chacun se sent impliqué et porteur de ce projet ; et créer des liens en ayant vécu cet événement inhabituel : une nocturne en format hangout avec des personnes qui ne se connaissaient pas 2 semaines avant et qui habitent à des centaines voire des milliers de kilomètres.

 

Cette expérience est un formidable levier de motivation et de création de valeur, tant sur la participation individuelle de chaque co-équipier que sur l’émergence de compétences complémentaires au fur et à mesure du MOOC.

 

Voici les facteurs de réussite que je retiens pour la formation d’équipes véritablement opérationnelles :

  • l’importance de travailler sur un sujet choisi et partagé pour impliquer et augmenter l’investissement de la communauté (ce qui est déjà facilité dès lors que nous sommes dans le cadre d’un MOOC) ;
  • le partage sur la finalité attendue : nous étions tous très motivés pour réaliser l’ensemble des devoirs du parcours « Création de MOOC » ;
  • la nécessité de poser clairement un cadre de travail au départ (qui n’empêchera pas également une forme de souplesse au fur et à mesure pour s’adapter au réel) et de définir les outils de travail qui seront utilisés (ici : échange de mails avec googlegroup ; itération sur nos travaux sur googledocs ; webconference avec google hangout. Je tiens à noter que c’est uniquement par facilité que nous avons utilisé les outils Google) ;
  • la valorisation de chacune des interventions des membres du groupe. En étant à l’écoute de chacun, nous avons découvert que nous apportions tous une contribution différente et enrichissante sur nos travaux.

 

Au final, nous avons réussi à actionner les leviers d’une dynamique de travail en présentiel. Et avoir les encouragements de Monsieur Cisel himself sur la qualité de notre teaser et de notre page de présentation, c’est la cerise sur le gâteau.

Ce billet est extrait d’un échange avec Matthieu Cisel, restitué dans l’article « MOOC: retour d’expérience d’une participante engagée« , publié sur le blog Eduspros.fr

MOOC, un outil de visibilité et d’animation

Comme vu dans le billet précédent, les sujets proposés par les participants au MOOC « Monter un MOOC de A à Z » ont permis de constater toute la diversité des contenus de cours proposés, mais aussi des thèmes récurrents sur le management, les RH et le digital. Au-delà de l’acquisition de compétences, ce travail a permis d’identifier le potentiel des MOOCs en termes de création d’une communauté d’acteurs rassemblée et organisée autour d’une problématique définie. Mais ce n’est pas la seule opportunité offerte par les MOOCs qui pourraient devenir des outils précieux de promotion et d’animation.

Diffuser ses pratiques et animer son réseau de partenaires

Plusieurs projets ont mis en évidence les possibilités et facilités d’échange induites par les MOOC, et ce, sur un temps donné. D’une part, l’apport d’un contenu pertinent pour les apprenants favorisera la mobilisation du public attendu, d’autre part, les espaces d’interaction qui leur seront proposés permettront d’échanger et identifier les problématiques et sujets de préoccupation des participants. En l’occurrence, il pourrait s’agir de partenaires, comme cette collectivité qui entend proposer un MOOC sur la création d’une marque territoriale afin de sensibiliser et travailler avec les acteurs locaux. Ceci devrait permettre d’optimiser l’appropriation des outils par l’ensemble des acteurs et favoriser la promotion d’une identité territoriale.

Fédérer ses filiales et faire monter en compétences ses salariés

Plusieurs projets envisagent la constitution de plateforme entre salariés d’une même entité. Il s’agit de lever les obstacles géographiques rencontrés lors de la mise en place de session de formation continue, ce qui favorisera la « rencontre » entre salariés. Par exemple, un projet entend créer une plate-forme d’enseignement à distance à l’attention des cadres et employés délocalisés sur le continent africain. Un autre projet a pour objet de mettre à niveau l’ensemble des salariés d’un service de l’Etat à travers la diffusion de contenus similaires que tous les salariés devront s’approprier afin de partager les mêmes références et bases de travail. Ces projets ne sont pas réellement nouveaux mais la dynamique du MOOC devrait permettre une mobilisation plus forte des publics, mobilisés sur une courte période. Un autre enjeu sera de pérenniser ces plateformes et leur enrichissement.

Structurer l’offre de formation par secteur d’activité et créer des communautés d’experts

Un participant propose de créer un MOOC qui s’adresse aux formateurs de formation professionnelle afin qu’ils échangent sur leurs pratiques et mutualisent les acquis pédagogiques. Un autre projet entend créer et fédérer une communauté autour de l’édition scientifique électronique. L’échange des savoir-faire est source de motivation pour des professionnels désireux d’enrichir leurs pratiques et pour des néophytes qui souhaitent monter en compétences.

Sensibiliser un public élargi sur un sujet précis

Les MOOCs peuvent véhiculer des sujets qui ont besoin de l’adhésion du grand public afin d’être légitimé auprès des institutions notamment. Comme ce projet dont l’objet est de sensibiliser à la protection de l’environnement et à la prévention des catastrophes naturelles telles que les glissements de terrain et les coulées de boues au Brésil. Il s’agit de projet pédagogique incluant une forte dimension éducative sur des sujets complexes. L’enjeu est de profiter de l’intérêt d’un public particulier sur ce sujet afin de participer à la conscientisation d’un plus grand nombre.

Pour conclure, à travers ces différents projets à fort potentiel, se pose la question de la qualité des MOOCs, qu’un participant propose justement d’interroger à travers un MOOC sur l’usabilité, l’interopérabilité et l’adaptation des MOOCs à d’autres environnements. Enfin, pour que les possibilités offertes par les MOOCs puissent être opérationnelles, la prise en main des outils collaboratifs devient un véritable enjeu de développement pour toute entreprise.

Tendances dans les projets de MOOCs

Le premier MOOC français pour apprendre à monter un MOOC « Monter un MOOC de A à Z » (#MOOCAZ), proposé par Matthieu Cisel et l’ENS Cachan, mérite une analyse des projets proposés par les participants afin d’extraire quelques tendances actuelles sur les MOOCs.

D’abord, les publics qui ont suivi ce MOOC viennent d’horizons variés. Si le secteur de l’enseignement est bien représenté, il n’en reste pas moins que des professionnels du secteur privé s’intéressent activement au phénomène MOOC. Il faut également noter la diversité des profils, et, au vu des parcours de certains, on relève une importante mixité d’âge. Ceci est encourageant car, même si la participation à ce MOOC a forcément été prise en main par des publics initiés ou ouverts aux innovations technologiques, elle permet de montrer que les MOOCs sont capables de s’adresser à un public varié, toutes générations confondues. Il existe donc un véritable potentiel collaboratif, transférable dans divers formats d’organisation.

La transmission de savoirs et compétences

Sans surprise et de manière logique, le MOOC est a pour principal objet, dans les projets déposés par les participants, la transmission et le partage de connaissances et de compétences. Il peut s’agir de compétences nécessaires à la réalisation d’une activité professionnelle, par exemple l’initiation au contrôle de gestion, la réalisation d’un business plan et son évaluation, la compréhension d’un environnement économique international. Nombreux projets concernent l’apprentissage scolaire et universitaire, comme les mathématiques, la biochimie ou la biodiversité, ou encore le français. Dans ce cas, il s’agit plus souvent de domaines scientifique et technique. Certains sujets traitent également de l’art ou de l’artisanat, comme l’apprentissage de la photographie ou la culture des métiers du verre. Enfin, deux projets étaient consacrés au domaine du sport, comme apprendre la voile (la technique du dériveur, les types d’embarcation, l’équipage, les nœuds et les manœuvres, …). A noter, un seul projet proposé dans le domaine législatif, une matière complexe et évolutive qui pourrait justifier un renouvellement des supports et méthodes pédagogiques.

Le management, les RH et le digital

Ces domaines d’expertise sont surreprésentés. Coté management, nous trouvons de projets qui traitent du comportement organisationnel ou du leadership éthique. Pour les ressources humaines, le rôle du DHR, les process dans l’organisation ou encore la mise en place de politique d’égalité de traitement femmes-hommes font partis des nombreux sujets imaginés par les participants. Le développement des compétences à travers le développement personnel est également abordé dans plusieurs projets. Il faut également relever plusieurs MOOCs pour former des formateurs. Comme si demain, transmettre son expertise était une évidence. Côté digital, monter un site Internet avec Joomla, créer une chaîne sur YouTube, apprendre à blogguer ou maîtriser un logiciel libre de calcul numérique sont autant de projets qui montrent l’importance accordée à l’utilisation des outils digitaux dans un but professionnel. On constate donc, à travers ces sujets riches et variés, qu’il existe un potentiel d’offre de contenus et de formateurs, qui peuvent venir compléter ou renforcer l’offre de formation professionnelle existante, mais également s’adapter à des contextes plus spécifiques.

Création de communauté

En effet, nombreux sujets proviennent d’une problématique liée à un contexte de travail particulier. Les MOOC permettent de créer une communauté d’apprenants actifs sur un sujet donné. Cela s’envisage à l’échelle d’une communauté très large (par exemple, le public du MOOCAZ était les personnes francophones, connectées à Internet), mais cela peut être proposé au sein des salariés d’une entreprise, ou d’un groupement d’acteurs travaillant dans le même secteur. Par exemple, un projet propose d’apprendre les bonnes pratiques à toute personne ou organisation qui accueille un public touristique ; un autre groupe envisage d’élaborer un projet personnalisé pour le travail social à destination des éducateurs, assistants sociaux, moniteurs, aide médico-psychologique… ; un autre projet traite de la précarité et de la santé ; un autre propose de créer un MOOC qui ferait office de médiateur entre le public et un événement culturel comme une exposition. Tous ces projets ont en commun de regrouper une communauté apprenante d’acteurs impliqués sur un sujet donné. Ces communautés peuvent être intra ou inter-entreprises, et répondre d’autres objectifs que l’acquisition de compétences.

Enfin, plusieurs projets de création de MOOC portaient sur le thème du développement durable. Par exemple, sur la gestion des ressources naturelles, le green business, la rénovation de l’habitat. Il s’agit de sujets que les entreprises, les collectivités et les particuliers devront connaître et pratiquer de plus en plus à l’avenir. La création de MOOCs sur ce thème apparaît comme un excellent levier de développement.

Zoom sur l’enseignement

Ce secteur est directement impacté par les MOOCs et l’utilisation des outils numériques au service de l’apprentissage. De nombreux projets ont été formulés : des outils pour les enseignants, pour les parents, et aussi pour les élèves et les étudiants. Chaque acteur cherche à tester et évoluer vers de nouvelles pratiques pédagogiques dont l’utilisation des nouvelles technologies doit encore être légitimée. Un autre thème fort a émergé à propos de la préparation d’examens. Au-delà des ressources pédagogiques innovantes qui viennent compléter une offre souvent existante, il me semble que l’intérêt de travailler ces sujets est encore la constitution d’une communauté, prête à échanger et contribuer dans le but de s’enrichir individuellement et collectivement.

MOOC & événementiel

Comme beaucoup d’entre nous, j’ai entendu parler des MOOCS il y a quelques mois seulement, ne sachant pas encore que ce mouvement avait été lancé depuis 2008 aux Etats-Unis. Mais cette vague Mooc a déferlé récemment de l’autre côté de l’Atlantique. Etant persuadée d’une part que l’éducation et l’accès aux savoirs sont essentiels pour l’individu comme pour la société, et d’autre part que nous vivons une profonde mutation culturelle avec le digital, comment ne pas s’intéresser à ce phénomène ???

Je m’inscris à mon premier MOOC que je ne suis absolument pas, puis un deuxième pour réitérer l’expérience non concluante mais ça ne marche pas non plus et je suis assez exaspérée par les dates et les échéances que je ne comprends encore pas. Enfin, je réussis à suivre un Mooc en entier. Tout du moins, je crois que je l’ai suivi en entier. Car en fait, je n’ai fait que suivre les cours, à savoir visionner les vidéos avec prise de notes pour ma part, répondu aux quizz et tout de même réalisé l’étude de cas, proposée en dernière semaine, pour obtenir l’attestation de réussite. Là aussi, je m’énerve un peu sur l’échéancier et les délais serrés imposés par l’équipe pédagogique. Je trouve tout ça très juste et très difficile à tenir. Mais malgré tout, j’accède à un savoir et je suis stimulée par ce timing et la dynamique générée sur le forum, les réseaux sociaux et les évènements live proposés chaque semaine.

Puis, j’ai envie d’en savoir plus alors quand je découvre le MOOC « Monter un MOOC de A à Z », je me dis que c’est une belle opportunité. Je m’inscris et propose même un peu de temps à l’équipe pédagogique pour animer le forum. Et j’ai vu des choses nouvelles encore.

J’ai enfin compris pourquoi les MOOC proposaient des dates d’inscription très précises!

Ou plutôt j’ai compris le bénéfice de ce qui m’apparaissait comme une forte contrainte, outre le fait que cela permette de distinguer un MOOC d’un cours ou d’une ressource éducative en ligne. C’est cette dynamique de groupe incroyable que l’on trouve dans un MOOC que je n’avais pas perçue, malgré la lecture d’articles sur le sujet. J’ai vraiment envie de soulever ce point car je pense ne pas être la seule à avoir souhaité accéder aux cours tout de suite et maintenant (surtout quand, comme dans mes premiers MOOC, je souhaitais surtout accéder aux cours mais rien de plus évidemment, surtout pas d’interactions avec les participants, il ne faut pas trop se mouiller tout de même !).

Donc, pour le MOOCAZ, j’étais dans les startings blocks le jour du démarrage. Et hop. C’est parti et ça ne vous lâche plus pendant tout la durée du MOOC. Une énergie et une stimulation collective incroyable. Un fonctionnement en mode projet qui génère de l’adrénaline comme quand vous êtes sur le point de démarrer le salon que vous avez organisé, de lancer la campagne de publicité sur Internet que vous avez monté ou rendre public le produit que vous avez designé.

Est-ce que mon implication était plus importante ? Probablement. En tout cas, je vous conseille de vivre cette expérience. Se regrouper autour de savoirs et de compétences que l’on souhaite partager, ce sont des perles éphémères, bien précieuses. Le MOOC est un événement donc. Je ne l’avais pas du tout perçu comme tel il y a quelques semaines. Et c’est précisément ce côté évènementiel qui lui donne un impact fort. Je pensais que les dates permettaient de maintenir l’équipe pédagogique et d’animation sur un temps donné mais cela va bien plus loin.

Nous sommes ici dans la culture du partage, de l’expérimentation, de la prise de risque.

Je ne dis pas que tout cela est idéal. Mais je dis que cela fait du bien, dans notre mode de fonctionnement, de se confronter à ce genre d’expériences. Ça remue, ça stimule, ça retourne aussi. Il ne s’agit pas d’être constamment bousculé, nous sommes déjà assez pris par la tornade numérique, mais parfois, de temps en temps, d’échanger sur ses pratiques, sans fard, c’est riche. J’avais donc à cœur de mettre en exergue ce point et je reviendrais sur des éléments plus précis de cette dynamique de groupe.