MOOC & Live Session

En écho à l’article « MOOC et webinaires » de Matthieu Cisel qui relate l’expérience des Google Hangouts on Air de la 1ère édition du MOOC « Monter un MOOC de A à Z », je vais tenter de faire la même chose de manière complémentaire. En effet, j’ai eu la chance de participer, côté coulisse, à chacun de ces événements. J’étais chargée de relever les commentaires et questions postés sur Youtube afin de les communiquer à l’équipe, via l’outil de tchat de Google Hangout.

Il est clair que les sessions live n’ont pas fonctionné comme espéré. Si on regarde les statistiques, hormis pour le 1er Hangout, le nombre de vues, pendant et après la session, est faible. Tout comme le nombre de commentaires postés sur Youtube et Twitter (Youtube et Twitter, avec le hashtag #MOOCAZ, étaient les espaces indiqués pour solliciter l’équipe pédagogique et poser des questions). Les durées moyennes de visualisation se situent autour de 10 minutes pour les sessions ayant duré 30 minutes au total.

Les sessions live, via les Hangout On Air, n’ont donc pas répondu à l’objectif. Mais quels peuvent être les usages de cet outil d’animation ?

  • Apporter des contenus complémentaires aux ressources pédagogiques proposées sur la plateforme (ex : vidéos, bibliographie, …), également en capitalisant sur la communauté des participants en les faisant intervenir. Dans ce cas, la session prendra la forme de restitution et de prise de parole de différents participants. L’échange est centré entre les participants de la session, et pas vraiment avec la communauté. Le format asynchrone est donc adapté à ce modèle et les apprenants pourront visualiser la vidéo à n’importe quel moment.
  • Interagir avec les apprenants, générer des échanges, répondre aux questions de la communauté. Dans ce cas, la session prendra la forme d’un débat avec les apprenants ou d’interviews d’experts auxquels les apprenants pourront poser des questions en live. Ici, le format est synchrone et le nombre de participants pendant le live est essentiel.

 

En fonction de l’usage retenu, il faudra choisir :

  • L’horaire: A noter que l’essentiel des vues ont eu lieu après coup. Normal avec l’horaire à 17h. Il a fallu s’adapter aux contraintes de l’équipe pédagogique qui ne correspondaient pas à celles des participants qui consacraient du temps aux MOOCs sur leur temps personnel. Ceci n’aura pas été un souci s’il avait été décidé en amont que le format synchrone n’était pas une priorité.
  • Le jour: il est recommandé de maintenir la session le même jour chaque semaine. Cela permet de créer un rendez-vous fixe ou de savoir précisément à quel moment la vidéo sera accessible depuis la plateforme ou Youtube, et ainsi de mieux anticiper son organisation personnelle.
  • L’outil et ses fonctionnalités: Pour tchater avec les participants, les commentaires postés sur Youtube ne sont pas l’outil le plus adapté. Un outil de tchat sur une plateforme de webconférence aurait été plus efficace.
  • Le choix des intervenants: Le parti pris a été d’associer à chaque session tous les membres de l’équipe pédagogique, tous connectés depuis des lieux distincts. Après cette expérience, je me dis qu’il aurait peut-être été plus simple que chaque membre de l’équipe assure une session, chacun son tour, sans la présence obligatoire de tous les autres membres. Cela aurait également pu alléger le travail et l’investissement de chacun (et ainsi permettre de proposer un horaire plus adapté). Et puis, j’ai trouvé que ce n’était pas très efficace de voir les personnes sur la vidéo – dans les vignettes du bas – alors que celles-ci ne prennent pas la parole.
  • Les contenus en correspondance avec les attentes des participants par rapport à leur parcours dans le MOOC.

 

Quelques bonnes pratiques à retenir :

  • Préparer en amont les contenus et le déroulé de chaque session live. Ceci n’est pas incompatible avec une adaptation en cours de route mais je crois qu’il est préférable de poser un cadre de travail clair et partagé. En tant que participant, il est difficile de doser son temps, son investissement et son organisation. La session live peut devenir un outil efficace de motivation des participants si la session est bien préparée et bien construite et qu’elle répond aux préoccupations des participants durant leurs parcours de formation.
  • Écrire les questions/réponses des interviewés. Sur les interventions d’invités, qu’il s’agisse d’experts ou de participants, il est important de cadrer leur prise de parole, comme une interview. Cela permettra également à l’animateur de gérer son temps et d’insuffler un rythme dynamique lors de la session. Ceci permettra aux interviewés comme à l’animateur de se sentir plus à l’aise si cela est préparé (cf. il y a déjà beaucoup de paramètres incontrôlables du fait du live, c’est donc rassurant si on prépare bien ce que l’on peut maîtriser).
  • Rappeler les règles du MOOC et proposer un point à date. On sait maintenant comme il est complexe de gérer son investissement sur un MOOC tant par la charge de travail que parce que ce travail est majoritairement réalisé sur le temps personnel. Ceci induit une gestion professionnelle/personnelle délicate pour laquelle un cadre de travail est le bienvenu. Je précise que ce cadre posé doit permettre ensuite à chacun d’exprimer sa créativité. Donc, pour une session d’une heure, on pourrait imaginer un déroulé de la sorte : 15 minutes pour un point en cours et la réponse aux questions les plus fréquemment posées sur les forums (même si l’équipe pédagogique est très dynamique et réactive sur les forums) ; 15 minutes pour une interview d’expert ou la restitution d’un participant ; 30 minutes d’échange entre l’enseignant et les participants.
  • Anticiper et relayer une communication précise. Il s’agira d’être le plus transparent possible sur la finalité et le déroulé de la session live. S’il s’agit d’un format synchrone, la communication servira également à faire venir le maximum de personnes pendant le live. Un mail de relance peut être proposé la veille et/ou intégré dans le mail hebdomadaire de rappel des événements de la semaine (ouverture d’une nouvelle semaine de cours ; rendu des devoirs, session live, etc…).
  • Gérer le stress de la technique. Ce sont des moments assez stressants car nous sommes dépendants des connexions de chacun, du son, de l’image, … Il y a beaucoup de paramètres difficilement maîtrisables.

 

Pour les outils, il en existe beaucoup. On a donc vu Hangout On Air de Google pour diffuser en direct sur Youtube des visioconferences (jusqu’à 10 personnes qui peuvent parler en synchrone et pas de limite pour ceux qui visionnent) ; des outils comme Spreecast, utilisé par le MOOC Journalisme de Rue89 (outil payant pour le concepteur du MOOC ; les participants n’ont qu’à télécharger l’application) ; Glowbl, une plateforme de communication en ligne avec tchat vidéo (modèle freemium) ; des outils utilisés pour des webinaires comme Webikeo, MeetingBurner ou WebEx (de gratuit à abonnements). Toutes les fonctionnalités de ces outils seraient à étudier au regard des fonctions attendues pour les sessions live.

 

Pour conclure, la session live est importante car elle génère de l’interactivité et peut recréer l’expérience collective du présentiel. Pour l’équipe pédagogique, elle sera également l’occasion d’enrichir le contenu des cours par un contenu additionnel proposé sous une forme participative. Restent le choix et la gestion de l’outil qui peuvent créer du découragement tant les obstacles techniques restent présents et le rendu parfois décevant.

 

Pour Matthieu, comme expliqué dans son billet, la principale valeur du Hang Out n’est pas la synchronicité avec toute la communauté que l’intervention de participants situés aux quatre coins de la planète. C’est indéniablement une ressource pédagogique précieuse. Mais je crois aussi que le live avec un outil de tchat qui permet de regrouper des centaines de personnes au même moment (elles-mêmes également situées dans des lieux géographiques éloignés) permet de recréer un moment de présentiel indispensable dans le processus du MOOC où on peut se sentir parfois seul. La session live synchrone peut être un très bon outil de motivation qui permettrait, peut-être, de faire diminuer le taux d’abandon.

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La formation des équipes

La formation des équipes de travail est une étape essentielle dans le processus d’un MOOC qui souhaite favoriser l’interactivité entre apprenants. Je vais tenter de vous restituer mon expérience sur le MOOCAZ puis d’en extraire quelques points importants.

 

Quand j’ai commencé le MOOC « Monter un MOOC de A à Z », je pensais réaliser un travail individuel car je voulais tester par moi-même l’ensemble des tâches à réaliser. Lors de la semaine 0 (semaine d’appropriation du fonctionnement de la plate-forme et d’échanges avec l’équipe pédagogique et les autres apprenants), j’ai donc proposé un projet de MOOC E-tourisme. Evidemment, étant encore peu familière de la plateforme, je me suis trompée de fil de discussion et je n’ai pas déposé mon message au bon endroit, c’est-à-dire sur le forum pour proposer des sujets et former des équipes. J’ai pris du temps pour consulter les autres projets et j’avais envie de participer à beaucoup de projets déposés tant les sujets étaient passionnants. J’ai plus particulièrement remarqué un participant cherchant une équipe pour former un MOOC de formation digital (e-business, e-marketing, management), un autre sur l’accueil touristique, ou encore un projet pour aider les élèves de Bac pro à se préparer à l’entrée en BTS. J’ai écrit à chacun de ces porteurs de projet pour signaler mon intérêt à former un groupe de travail. Rapidité de la réponse, veille de ma part sur les éventuels retours (cf. pas de notification de la part de la plateforme pour signaler une réponse sur un fil de discussion), il est évident qu’il y a une grande part de hasard lors de la constitution des équipes. En effet, le manque de fonctionnalités de la plateforme, qui ne prévoit donc pas de système de notifications, ni de système pour être au courant des groupes en cours de constitution (cf. la liste des groupes était visible une fois le groupe constitué), n’a pas facilité la phase de constitution des équipes.

 

On démarre donc notre projet à 3 personnes. On organise un premier Hangout et on pose d’entrée de jeu les règles de départ : une personne sera référente du devoir à rendre ; elle proposera une trame de départ ; les autres membres viendront enrichir le support de travail; un hangout sera organisé chaque semaine pour finaliser en commun le devoir. Lors de la première semaine, nous avons intégré une quatrième personne, ce qui n’a posé aucun souci car nous avons pu lui présenter les principes de notre organisation auxquels elle a adhéré. Le référent du devoir n’était jamais le même d’une semaine sur l’autre afin de répartir le travail. Il était également en charge de rendre le devoir sur la plateforme du MOOC (dans les délais impartis évidemment). Pour rendre le devoir sur la scénarisation d’une activité (devoir n°2), nous avons programmé notre hangout à 21h30 (faute de mieux par rapport aux contraintes de chacun). Nous avons alors travaillé jusque tard car ce devoir posait beaucoup de questions et pour laisser la parole libre à chacun. C’est donc un réel investissement. Mais nous avons réussi à produire un devoir partagé par tous les membres de l’équipe, c’est-à-dire que chacun se sent impliqué et porteur de ce projet ; et créer des liens en ayant vécu cet événement inhabituel : une nocturne en format hangout avec des personnes qui ne se connaissaient pas 2 semaines avant et qui habitent à des centaines voire des milliers de kilomètres.

 

Cette expérience est un formidable levier de motivation et de création de valeur, tant sur la participation individuelle de chaque co-équipier que sur l’émergence de compétences complémentaires au fur et à mesure du MOOC.

 

Voici les facteurs de réussite que je retiens pour la formation d’équipes véritablement opérationnelles :

  • l’importance de travailler sur un sujet choisi et partagé pour impliquer et augmenter l’investissement de la communauté (ce qui est déjà facilité dès lors que nous sommes dans le cadre d’un MOOC) ;
  • le partage sur la finalité attendue : nous étions tous très motivés pour réaliser l’ensemble des devoirs du parcours « Création de MOOC » ;
  • la nécessité de poser clairement un cadre de travail au départ (qui n’empêchera pas également une forme de souplesse au fur et à mesure pour s’adapter au réel) et de définir les outils de travail qui seront utilisés (ici : échange de mails avec googlegroup ; itération sur nos travaux sur googledocs ; webconference avec google hangout. Je tiens à noter que c’est uniquement par facilité que nous avons utilisé les outils Google) ;
  • la valorisation de chacune des interventions des membres du groupe. En étant à l’écoute de chacun, nous avons découvert que nous apportions tous une contribution différente et enrichissante sur nos travaux.

 

Au final, nous avons réussi à actionner les leviers d’une dynamique de travail en présentiel. Et avoir les encouragements de Monsieur Cisel himself sur la qualité de notre teaser et de notre page de présentation, c’est la cerise sur le gâteau.

Ce billet est extrait d’un échange avec Matthieu Cisel, restitué dans l’article « MOOC: retour d’expérience d’une participante engagée« , publié sur le blog Eduspros.fr

MOOC, un outil de visibilité et d’animation

Comme vu dans le billet précédent, les sujets proposés par les participants au MOOC « Monter un MOOC de A à Z » ont permis de constater toute la diversité des contenus de cours proposés, mais aussi des thèmes récurrents sur le management, les RH et le digital. Au-delà de l’acquisition de compétences, ce travail a permis d’identifier le potentiel des MOOCs en termes de création d’une communauté d’acteurs rassemblée et organisée autour d’une problématique définie. Mais ce n’est pas la seule opportunité offerte par les MOOCs qui pourraient devenir des outils précieux de promotion et d’animation.

Diffuser ses pratiques et animer son réseau de partenaires

Plusieurs projets ont mis en évidence les possibilités et facilités d’échange induites par les MOOC, et ce, sur un temps donné. D’une part, l’apport d’un contenu pertinent pour les apprenants favorisera la mobilisation du public attendu, d’autre part, les espaces d’interaction qui leur seront proposés permettront d’échanger et identifier les problématiques et sujets de préoccupation des participants. En l’occurrence, il pourrait s’agir de partenaires, comme cette collectivité qui entend proposer un MOOC sur la création d’une marque territoriale afin de sensibiliser et travailler avec les acteurs locaux. Ceci devrait permettre d’optimiser l’appropriation des outils par l’ensemble des acteurs et favoriser la promotion d’une identité territoriale.

Fédérer ses filiales et faire monter en compétences ses salariés

Plusieurs projets envisagent la constitution de plateforme entre salariés d’une même entité. Il s’agit de lever les obstacles géographiques rencontrés lors de la mise en place de session de formation continue, ce qui favorisera la « rencontre » entre salariés. Par exemple, un projet entend créer une plate-forme d’enseignement à distance à l’attention des cadres et employés délocalisés sur le continent africain. Un autre projet a pour objet de mettre à niveau l’ensemble des salariés d’un service de l’Etat à travers la diffusion de contenus similaires que tous les salariés devront s’approprier afin de partager les mêmes références et bases de travail. Ces projets ne sont pas réellement nouveaux mais la dynamique du MOOC devrait permettre une mobilisation plus forte des publics, mobilisés sur une courte période. Un autre enjeu sera de pérenniser ces plateformes et leur enrichissement.

Structurer l’offre de formation par secteur d’activité et créer des communautés d’experts

Un participant propose de créer un MOOC qui s’adresse aux formateurs de formation professionnelle afin qu’ils échangent sur leurs pratiques et mutualisent les acquis pédagogiques. Un autre projet entend créer et fédérer une communauté autour de l’édition scientifique électronique. L’échange des savoir-faire est source de motivation pour des professionnels désireux d’enrichir leurs pratiques et pour des néophytes qui souhaitent monter en compétences.

Sensibiliser un public élargi sur un sujet précis

Les MOOCs peuvent véhiculer des sujets qui ont besoin de l’adhésion du grand public afin d’être légitimé auprès des institutions notamment. Comme ce projet dont l’objet est de sensibiliser à la protection de l’environnement et à la prévention des catastrophes naturelles telles que les glissements de terrain et les coulées de boues au Brésil. Il s’agit de projet pédagogique incluant une forte dimension éducative sur des sujets complexes. L’enjeu est de profiter de l’intérêt d’un public particulier sur ce sujet afin de participer à la conscientisation d’un plus grand nombre.

Pour conclure, à travers ces différents projets à fort potentiel, se pose la question de la qualité des MOOCs, qu’un participant propose justement d’interroger à travers un MOOC sur l’usabilité, l’interopérabilité et l’adaptation des MOOCs à d’autres environnements. Enfin, pour que les possibilités offertes par les MOOCs puissent être opérationnelles, la prise en main des outils collaboratifs devient un véritable enjeu de développement pour toute entreprise.

Tendances dans les projets de MOOCs

Le premier MOOC français pour apprendre à monter un MOOC « Monter un MOOC de A à Z » (#MOOCAZ), proposé par Matthieu Cisel et l’ENS Cachan, mérite une analyse des projets proposés par les participants afin d’extraire quelques tendances actuelles sur les MOOCs.

D’abord, les publics qui ont suivi ce MOOC viennent d’horizons variés. Si le secteur de l’enseignement est bien représenté, il n’en reste pas moins que des professionnels du secteur privé s’intéressent activement au phénomène MOOC. Il faut également noter la diversité des profils, et, au vu des parcours de certains, on relève une importante mixité d’âge. Ceci est encourageant car, même si la participation à ce MOOC a forcément été prise en main par des publics initiés ou ouverts aux innovations technologiques, elle permet de montrer que les MOOCs sont capables de s’adresser à un public varié, toutes générations confondues. Il existe donc un véritable potentiel collaboratif, transférable dans divers formats d’organisation.

La transmission de savoirs et compétences

Sans surprise et de manière logique, le MOOC est a pour principal objet, dans les projets déposés par les participants, la transmission et le partage de connaissances et de compétences. Il peut s’agir de compétences nécessaires à la réalisation d’une activité professionnelle, par exemple l’initiation au contrôle de gestion, la réalisation d’un business plan et son évaluation, la compréhension d’un environnement économique international. Nombreux projets concernent l’apprentissage scolaire et universitaire, comme les mathématiques, la biochimie ou la biodiversité, ou encore le français. Dans ce cas, il s’agit plus souvent de domaines scientifique et technique. Certains sujets traitent également de l’art ou de l’artisanat, comme l’apprentissage de la photographie ou la culture des métiers du verre. Enfin, deux projets étaient consacrés au domaine du sport, comme apprendre la voile (la technique du dériveur, les types d’embarcation, l’équipage, les nœuds et les manœuvres, …). A noter, un seul projet proposé dans le domaine législatif, une matière complexe et évolutive qui pourrait justifier un renouvellement des supports et méthodes pédagogiques.

Le management, les RH et le digital

Ces domaines d’expertise sont surreprésentés. Coté management, nous trouvons de projets qui traitent du comportement organisationnel ou du leadership éthique. Pour les ressources humaines, le rôle du DHR, les process dans l’organisation ou encore la mise en place de politique d’égalité de traitement femmes-hommes font partis des nombreux sujets imaginés par les participants. Le développement des compétences à travers le développement personnel est également abordé dans plusieurs projets. Il faut également relever plusieurs MOOCs pour former des formateurs. Comme si demain, transmettre son expertise était une évidence. Côté digital, monter un site Internet avec Joomla, créer une chaîne sur YouTube, apprendre à blogguer ou maîtriser un logiciel libre de calcul numérique sont autant de projets qui montrent l’importance accordée à l’utilisation des outils digitaux dans un but professionnel. On constate donc, à travers ces sujets riches et variés, qu’il existe un potentiel d’offre de contenus et de formateurs, qui peuvent venir compléter ou renforcer l’offre de formation professionnelle existante, mais également s’adapter à des contextes plus spécifiques.

Création de communauté

En effet, nombreux sujets proviennent d’une problématique liée à un contexte de travail particulier. Les MOOC permettent de créer une communauté d’apprenants actifs sur un sujet donné. Cela s’envisage à l’échelle d’une communauté très large (par exemple, le public du MOOCAZ était les personnes francophones, connectées à Internet), mais cela peut être proposé au sein des salariés d’une entreprise, ou d’un groupement d’acteurs travaillant dans le même secteur. Par exemple, un projet propose d’apprendre les bonnes pratiques à toute personne ou organisation qui accueille un public touristique ; un autre groupe envisage d’élaborer un projet personnalisé pour le travail social à destination des éducateurs, assistants sociaux, moniteurs, aide médico-psychologique… ; un autre projet traite de la précarité et de la santé ; un autre propose de créer un MOOC qui ferait office de médiateur entre le public et un événement culturel comme une exposition. Tous ces projets ont en commun de regrouper une communauté apprenante d’acteurs impliqués sur un sujet donné. Ces communautés peuvent être intra ou inter-entreprises, et répondre d’autres objectifs que l’acquisition de compétences.

Enfin, plusieurs projets de création de MOOC portaient sur le thème du développement durable. Par exemple, sur la gestion des ressources naturelles, le green business, la rénovation de l’habitat. Il s’agit de sujets que les entreprises, les collectivités et les particuliers devront connaître et pratiquer de plus en plus à l’avenir. La création de MOOCs sur ce thème apparaît comme un excellent levier de développement.

Zoom sur l’enseignement

Ce secteur est directement impacté par les MOOCs et l’utilisation des outils numériques au service de l’apprentissage. De nombreux projets ont été formulés : des outils pour les enseignants, pour les parents, et aussi pour les élèves et les étudiants. Chaque acteur cherche à tester et évoluer vers de nouvelles pratiques pédagogiques dont l’utilisation des nouvelles technologies doit encore être légitimée. Un autre thème fort a émergé à propos de la préparation d’examens. Au-delà des ressources pédagogiques innovantes qui viennent compléter une offre souvent existante, il me semble que l’intérêt de travailler ces sujets est encore la constitution d’une communauté, prête à échanger et contribuer dans le but de s’enrichir individuellement et collectivement.

MOOC & événementiel

Comme beaucoup d’entre nous, j’ai entendu parler des MOOCS il y a quelques mois seulement, ne sachant pas encore que ce mouvement avait été lancé depuis 2008 aux Etats-Unis. Mais cette vague Mooc a déferlé récemment de l’autre côté de l’Atlantique. Etant persuadée d’une part que l’éducation et l’accès aux savoirs sont essentiels pour l’individu comme pour la société, et d’autre part que nous vivons une profonde mutation culturelle avec le digital, comment ne pas s’intéresser à ce phénomène ???

Je m’inscris à mon premier MOOC que je ne suis absolument pas, puis un deuxième pour réitérer l’expérience non concluante mais ça ne marche pas non plus et je suis assez exaspérée par les dates et les échéances que je ne comprends encore pas. Enfin, je réussis à suivre un Mooc en entier. Tout du moins, je crois que je l’ai suivi en entier. Car en fait, je n’ai fait que suivre les cours, à savoir visionner les vidéos avec prise de notes pour ma part, répondu aux quizz et tout de même réalisé l’étude de cas, proposée en dernière semaine, pour obtenir l’attestation de réussite. Là aussi, je m’énerve un peu sur l’échéancier et les délais serrés imposés par l’équipe pédagogique. Je trouve tout ça très juste et très difficile à tenir. Mais malgré tout, j’accède à un savoir et je suis stimulée par ce timing et la dynamique générée sur le forum, les réseaux sociaux et les évènements live proposés chaque semaine.

Puis, j’ai envie d’en savoir plus alors quand je découvre le MOOC « Monter un MOOC de A à Z », je me dis que c’est une belle opportunité. Je m’inscris et propose même un peu de temps à l’équipe pédagogique pour animer le forum. Et j’ai vu des choses nouvelles encore.

J’ai enfin compris pourquoi les MOOC proposaient des dates d’inscription très précises!

Ou plutôt j’ai compris le bénéfice de ce qui m’apparaissait comme une forte contrainte, outre le fait que cela permette de distinguer un MOOC d’un cours ou d’une ressource éducative en ligne. C’est cette dynamique de groupe incroyable que l’on trouve dans un MOOC que je n’avais pas perçue, malgré la lecture d’articles sur le sujet. J’ai vraiment envie de soulever ce point car je pense ne pas être la seule à avoir souhaité accéder aux cours tout de suite et maintenant (surtout quand, comme dans mes premiers MOOC, je souhaitais surtout accéder aux cours mais rien de plus évidemment, surtout pas d’interactions avec les participants, il ne faut pas trop se mouiller tout de même !).

Donc, pour le MOOCAZ, j’étais dans les startings blocks le jour du démarrage. Et hop. C’est parti et ça ne vous lâche plus pendant tout la durée du MOOC. Une énergie et une stimulation collective incroyable. Un fonctionnement en mode projet qui génère de l’adrénaline comme quand vous êtes sur le point de démarrer le salon que vous avez organisé, de lancer la campagne de publicité sur Internet que vous avez monté ou rendre public le produit que vous avez designé.

Est-ce que mon implication était plus importante ? Probablement. En tout cas, je vous conseille de vivre cette expérience. Se regrouper autour de savoirs et de compétences que l’on souhaite partager, ce sont des perles éphémères, bien précieuses. Le MOOC est un événement donc. Je ne l’avais pas du tout perçu comme tel il y a quelques semaines. Et c’est précisément ce côté évènementiel qui lui donne un impact fort. Je pensais que les dates permettaient de maintenir l’équipe pédagogique et d’animation sur un temps donné mais cela va bien plus loin.

Nous sommes ici dans la culture du partage, de l’expérimentation, de la prise de risque.

Je ne dis pas que tout cela est idéal. Mais je dis que cela fait du bien, dans notre mode de fonctionnement, de se confronter à ce genre d’expériences. Ça remue, ça stimule, ça retourne aussi. Il ne s’agit pas d’être constamment bousculé, nous sommes déjà assez pris par la tornade numérique, mais parfois, de temps en temps, d’échanger sur ses pratiques, sans fard, c’est riche. J’avais donc à cœur de mettre en exergue ce point et je reviendrais sur des éléments plus précis de cette dynamique de groupe.