MOOC & Live Session

En écho à l’article « MOOC et webinaires » de Matthieu Cisel qui relate l’expérience des Google Hangouts on Air de la 1ère édition du MOOC « Monter un MOOC de A à Z », je vais tenter de faire la même chose de manière complémentaire. En effet, j’ai eu la chance de participer, côté coulisse, à chacun de ces événements. J’étais chargée de relever les commentaires et questions postés sur Youtube afin de les communiquer à l’équipe, via l’outil de tchat de Google Hangout.

Il est clair que les sessions live n’ont pas fonctionné comme espéré. Si on regarde les statistiques, hormis pour le 1er Hangout, le nombre de vues, pendant et après la session, est faible. Tout comme le nombre de commentaires postés sur Youtube et Twitter (Youtube et Twitter, avec le hashtag #MOOCAZ, étaient les espaces indiqués pour solliciter l’équipe pédagogique et poser des questions). Les durées moyennes de visualisation se situent autour de 10 minutes pour les sessions ayant duré 30 minutes au total.

Les sessions live, via les Hangout On Air, n’ont donc pas répondu à l’objectif. Mais quels peuvent être les usages de cet outil d’animation ?

  • Apporter des contenus complémentaires aux ressources pédagogiques proposées sur la plateforme (ex : vidéos, bibliographie, …), également en capitalisant sur la communauté des participants en les faisant intervenir. Dans ce cas, la session prendra la forme de restitution et de prise de parole de différents participants. L’échange est centré entre les participants de la session, et pas vraiment avec la communauté. Le format asynchrone est donc adapté à ce modèle et les apprenants pourront visualiser la vidéo à n’importe quel moment.
  • Interagir avec les apprenants, générer des échanges, répondre aux questions de la communauté. Dans ce cas, la session prendra la forme d’un débat avec les apprenants ou d’interviews d’experts auxquels les apprenants pourront poser des questions en live. Ici, le format est synchrone et le nombre de participants pendant le live est essentiel.

 

En fonction de l’usage retenu, il faudra choisir :

  • L’horaire: A noter que l’essentiel des vues ont eu lieu après coup. Normal avec l’horaire à 17h. Il a fallu s’adapter aux contraintes de l’équipe pédagogique qui ne correspondaient pas à celles des participants qui consacraient du temps aux MOOCs sur leur temps personnel. Ceci n’aura pas été un souci s’il avait été décidé en amont que le format synchrone n’était pas une priorité.
  • Le jour: il est recommandé de maintenir la session le même jour chaque semaine. Cela permet de créer un rendez-vous fixe ou de savoir précisément à quel moment la vidéo sera accessible depuis la plateforme ou Youtube, et ainsi de mieux anticiper son organisation personnelle.
  • L’outil et ses fonctionnalités: Pour tchater avec les participants, les commentaires postés sur Youtube ne sont pas l’outil le plus adapté. Un outil de tchat sur une plateforme de webconférence aurait été plus efficace.
  • Le choix des intervenants: Le parti pris a été d’associer à chaque session tous les membres de l’équipe pédagogique, tous connectés depuis des lieux distincts. Après cette expérience, je me dis qu’il aurait peut-être été plus simple que chaque membre de l’équipe assure une session, chacun son tour, sans la présence obligatoire de tous les autres membres. Cela aurait également pu alléger le travail et l’investissement de chacun (et ainsi permettre de proposer un horaire plus adapté). Et puis, j’ai trouvé que ce n’était pas très efficace de voir les personnes sur la vidéo – dans les vignettes du bas – alors que celles-ci ne prennent pas la parole.
  • Les contenus en correspondance avec les attentes des participants par rapport à leur parcours dans le MOOC.

 

Quelques bonnes pratiques à retenir :

  • Préparer en amont les contenus et le déroulé de chaque session live. Ceci n’est pas incompatible avec une adaptation en cours de route mais je crois qu’il est préférable de poser un cadre de travail clair et partagé. En tant que participant, il est difficile de doser son temps, son investissement et son organisation. La session live peut devenir un outil efficace de motivation des participants si la session est bien préparée et bien construite et qu’elle répond aux préoccupations des participants durant leurs parcours de formation.
  • Écrire les questions/réponses des interviewés. Sur les interventions d’invités, qu’il s’agisse d’experts ou de participants, il est important de cadrer leur prise de parole, comme une interview. Cela permettra également à l’animateur de gérer son temps et d’insuffler un rythme dynamique lors de la session. Ceci permettra aux interviewés comme à l’animateur de se sentir plus à l’aise si cela est préparé (cf. il y a déjà beaucoup de paramètres incontrôlables du fait du live, c’est donc rassurant si on prépare bien ce que l’on peut maîtriser).
  • Rappeler les règles du MOOC et proposer un point à date. On sait maintenant comme il est complexe de gérer son investissement sur un MOOC tant par la charge de travail que parce que ce travail est majoritairement réalisé sur le temps personnel. Ceci induit une gestion professionnelle/personnelle délicate pour laquelle un cadre de travail est le bienvenu. Je précise que ce cadre posé doit permettre ensuite à chacun d’exprimer sa créativité. Donc, pour une session d’une heure, on pourrait imaginer un déroulé de la sorte : 15 minutes pour un point en cours et la réponse aux questions les plus fréquemment posées sur les forums (même si l’équipe pédagogique est très dynamique et réactive sur les forums) ; 15 minutes pour une interview d’expert ou la restitution d’un participant ; 30 minutes d’échange entre l’enseignant et les participants.
  • Anticiper et relayer une communication précise. Il s’agira d’être le plus transparent possible sur la finalité et le déroulé de la session live. S’il s’agit d’un format synchrone, la communication servira également à faire venir le maximum de personnes pendant le live. Un mail de relance peut être proposé la veille et/ou intégré dans le mail hebdomadaire de rappel des événements de la semaine (ouverture d’une nouvelle semaine de cours ; rendu des devoirs, session live, etc…).
  • Gérer le stress de la technique. Ce sont des moments assez stressants car nous sommes dépendants des connexions de chacun, du son, de l’image, … Il y a beaucoup de paramètres difficilement maîtrisables.

 

Pour les outils, il en existe beaucoup. On a donc vu Hangout On Air de Google pour diffuser en direct sur Youtube des visioconferences (jusqu’à 10 personnes qui peuvent parler en synchrone et pas de limite pour ceux qui visionnent) ; des outils comme Spreecast, utilisé par le MOOC Journalisme de Rue89 (outil payant pour le concepteur du MOOC ; les participants n’ont qu’à télécharger l’application) ; Glowbl, une plateforme de communication en ligne avec tchat vidéo (modèle freemium) ; des outils utilisés pour des webinaires comme Webikeo, MeetingBurner ou WebEx (de gratuit à abonnements). Toutes les fonctionnalités de ces outils seraient à étudier au regard des fonctions attendues pour les sessions live.

 

Pour conclure, la session live est importante car elle génère de l’interactivité et peut recréer l’expérience collective du présentiel. Pour l’équipe pédagogique, elle sera également l’occasion d’enrichir le contenu des cours par un contenu additionnel proposé sous une forme participative. Restent le choix et la gestion de l’outil qui peuvent créer du découragement tant les obstacles techniques restent présents et le rendu parfois décevant.

 

Pour Matthieu, comme expliqué dans son billet, la principale valeur du Hang Out n’est pas la synchronicité avec toute la communauté que l’intervention de participants situés aux quatre coins de la planète. C’est indéniablement une ressource pédagogique précieuse. Mais je crois aussi que le live avec un outil de tchat qui permet de regrouper des centaines de personnes au même moment (elles-mêmes également situées dans des lieux géographiques éloignés) permet de recréer un moment de présentiel indispensable dans le processus du MOOC où on peut se sentir parfois seul. La session live synchrone peut être un très bon outil de motivation qui permettrait, peut-être, de faire diminuer le taux d’abandon.

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