Evaluation par les pairs

En écho à l’article de Matthieu Cisel « MOOC et évaluation par les pairs : l’épineuse question du procédé de notation », je vais restituer ici mon expérience quant à l’évaluation par les pairs, telle que je l’ai vécue lors du MOOCAZ (« Monter un MOOC de A à Z »), 1ère session, du 12 mai au 3 juillet 2014.

Lors de cette phase, les apprenants prennent la posture du correcteur. Mais les apprenants n’ont pas encore intégrer l’ensemble des connaissances et compétences pour pouvoir évaluer, n’est-ce-pas ? Pour autant, il s’agit d’un excellent exercice, bénéfique à tous, pour plusieurs raisons :

  • En changeant de posture, on change de regard et on prend du recul sur ses pratiques ;
  • En variant les activités dans le MOOC (vidéos, quizz, devoirs, évaluations), on maintient une dynamique productive et enrichissante ;
  • En évaluant les autres, on s’implique encore plus dans la communauté ;
  • En sachant que nos propres travaux seront également évalués par les pairs, on essaie de proposer un traitement critique et juste aux devoirs que nous corrigeons.

En revanche, l’évaluation par les pairs est complexe à mettre en œuvre. D’abord pour l’équipe pédagogique, notamment du fait de fonctionnalités limitées sur la plateforme ; ensuite pour les apprenants à cause du temps nécessité par le travail d’évaluation. J’ai regroupé en trois principales phases les obstacles observés pendant le MOOC et proposé quelques suggestions d’améliorations.

 

1/ Phase d’implication, de mobilisation des apprenants

Commençons par rappeler qu’il faut être assez organisé pour suivre un MOOC (ou avoir beaucoup de temps, ce qui est généralement rare). Donc, j’avais prévu un certain temps pour chaque tâche mais pas suffisamment pour l’évaluation ! C’est un peu la panique, il faut s’adapter, se réorganiser, …. Et puis, si ça ne passe pas, tant pis, on laissera tomber les évaluations puisque, de toute façon, les devoirs à rendre sont déjà assez longs comme cela et que l’évaluation n’est pas requise pour obtenir l’attestation de réussite. Voilà comment cela a dû se passer pour nombre d’entre nous. Donc, c’est juste une question d’organisation préalable. Si le planning de travail au départ tient compte des dates de rendu des évaluations, il deviendra évident pour chaque apprenant d’en tenir également compte dans son organisation personnelle. Cela rallongerai la durée du MOOC (j’ai compté 9 semaines au total, au lieu de 7,5 semaines, si on prenait en compte chaque semaine le rendu des devoirs et le rendu des évaluations). Il faut préciser que le temps dédié à l’évaluation par les pairs avait bien été mentionné dans la charge de travail hebdomadaire, dans la présentation du MOOC. Mais celle-ci (la charge de travail hebdomadaire) était déjà très large (entre 1 à10 heures/semaine) et difficilement estimable par les participants en amont. Je crois qu’intégrer l’évaluation par les pairs dans le planning est réellement important. Par exemple, lancement semaine 1 le lundi : accès vidéos, ressources et consigne du devoir ; devoir1 à rendre pour le dimanche ; évaluations par les pairs du devoir1 à rendre pour le mercredi ; et le jeudi de la semaine2 : accès vidéo semaine2, etc. Et ainsi de suite. Les sessions sont échelonnées sur une semaine et demie.

Dans le cadre d’une scénarisation telle que dans le MOOCAZ, avec des devoirs à rendre chaque semaine, l’évaluation par les pairs est plus constructive si elle est réalisée en continue. J’ai eu plus de difficultés à me replonger dans l’évaluation de devoirs qui avaient été fait deux semaines avant plutôt que lorsque que je venais moi-même de travailler sur le même exercice.

Côté organisation, le changement de consigne n’a forcément pas toujours été bien vécu. Pour la prochaine fois, il pourrait être précisé aux apprenants, en semaine 0, que les règles de fonctionnement du cours, si elles se trouvent ne pas répondre aux objectifs du MOOC, pourraient évoluer en cours de route. C’est à éviter évidemment mais au final, les 5 devoirs de mon équipe projet ont pu être évalués 20 fois au total, alors que nos 2 premiers devoirs avaient été évalués 1 fois chacun avant le changement de consigne. Cet événement a donc permis de constater la nécessité de cadrer au départ et rendre obligatoire l’évaluation par les pairs.

 

2/ Phase de rendu des évaluations

Une fois notre communauté mobilisée, il faut cadrer le rendu des évaluations. D’un point de vue participant, on se demande vraiment comment on va réussir à évaluer une matière que nous sommes là pour apprendre. Donc, il est important d’aiguiller ce travail, ce qui servira également à uniformiser et rendre le plus équitable possible le traitement des devoirs évalués.

L’équipe pédagogique avait proposé de passer environ 15 minutes par devoir. J’y ai passé 30 minutes par devoir : lire le fichier, prendre connaissance des critères à évaluer, les identifier dans le devoir, et rédiger les commentaires J’ai bien essayé de réduire mais sans succès. J’ai évalué 20 devoirs, soit 10 heures d’évaluation sur toute la durée du MOOC, soit environ 2 heures par semaine. Je ne vois pas comment y passer moins de temps. Et c’est une réelle charge de travail, qui, si elle est faite à la va-vite, perd tout son sens. D’autant plus que ce n’est pas le même investissement d’évaluer un devoir sur la scénarisation des activités qu’un teaser ! Sur la scénarisation, cela pose énormément de questions de conception, beaucoup plus que sur l’outil de promotion qu’est le teaser.

Mais globalement, j’ai trouvé que les critères à évaluer qui étaient proposés étaient pertinents et permettaient de garantir un minimum de qualité dans le rendu de l’évaluation, quelque soit le temps passé.

L’évaluation par les pairs n’est efficace uniquement parce qu’elle est multiple. Parce que c’est un pair, et non un enseignant reconnu qui corrige, une évaluation seule n’a aucun sens. Par exemple, sur notre page de présentation, plusieurs personnes ont dit que (justement !) le processus d’évaluation par les pairs n’était pas bien expliqué. Il est désormais évident que cette critique est constructive car elle est partagée par plusieurs personnes ; mais seule, est-ce que nous l’aurions réellement intégrée ? Donc, l’idéal serait d’établir un système de répartition des devoirs afin d’obtenir un volume d’évaluations suffisants par devoir afin de garantir une forme de fiabilité dans les évaluations. Les travaux de notre équipe projet ont été évalué de la sorte : 1 évaluation pour le devoir 1 (document de cadrage) ; 1 évaluation pour le devoir 2 (scénarisation d’une activité) ; 5 évaluations pour le devoir 3 (script du teaser) ; 5 évaluations pour le devoir 4 (teaser) ; 8 évaluations pour le devoir 5 (page de présentation). Idéalement, j’aurais apprécié davantage de retours sur les documents de conception (note de cadrage et scénarisation) plutôt que sur les outils de promotion et de communication. La règle de « 3 évaluations minimum par devoir » me semblerait être efficace et adaptée au système d’évaluation par les pairs.

Un système d’attribution reviendrait à être plus contraignant mais ceux qui souhaitent évaluer des devoirs en particulier pourraient toujours continuer à le faire en plus. Reste à savoir comment mettre techniquement en place cette fonctionnalité qui nécessite un suivi particulier. D’ailleurs, l’outil de progression individuelle proposé sur la plate-forme ne fonctionnait pas et aurait surement été utile pour l’évaluation (notamment avec la possibilité de faire remonter les commentaires attribués à son devoir, sur son espace de progression ; reste à savoir comment gérer la remontée automatique sur un compte individuel pour un devoir collectif).

Enfin, un parcours plus fluide dans le rendu des évaluations et la notification d’un accusé de réception des évaluations (tout comme pour les devoirs) aurait permis de rassurer et d’impliquer un peu plus les participants.

Sur les contenus des évaluations, il est nécessaire de maintenir un système de notation. Il permettra de délivrer une certification et se situer par rapport à la communauté. D’un point de vue auto-évaluation, les notes n’ont rien apportées pour moi. En revanche, les commentaires sont précieux s’ils sont exploités ensuite par les évalués. Il me semble également important de préciser que je pense avoir réalisé de meilleures évaluations sur les projets de création (parcours que j’ai suivi) que sur les projets d’analyse de MOOC (parcours que je n’ai pas suivi).

 

3/ Phase d’exploitation des retours

Il n’est pas surprenant de constater que nous avons du mal à accepter les critiques ! Pourtant, ce sont ces critiques que nous attendons dans cet exercice. J’avoue que parfois, en tant d’évaluateur, j’ai eu du mal à formuler mes commentaires. Quand le devoir était bon, il me semblait écrire des banalités ; et quand le devoir était insuffisant, je prenais des pincettes pour étayer mes retours. Et en tant qu’évalué, à la lecture de bons commentaires sur les devoirs de mon équipe, je pouvais trouver cela impersonnel. Sauf parfois, quand un détail dans une phrase vient montrer que la personne a vraiment apprécié le travail réalisé. Et la lecture des critiques étaient également difficile à intégrer car on ne peut pas s’empêcher de remettre en cause la légitimé de l’évaluateur, qui, après tout, n’est qu’un apprenant comme nous. D’où la nécessité de cumuler volume et qualité.

J’ai échangé avec certains participants qui n’étaient pas du tout d’accord avec les commentaires et auraient aimé échanger avec leur évaluateur, posant ainsi la question de l’anonymat. Je ne pense pas que l’anonymat se justifie. Au-delà des connaissances et compétences acquises, je trouve que l’une des richesses du MOOC, est de dévoiler des mécanismes souvent contraints en entreprise, par exemple, la responsabilisation, la prise de parole en public, l’échange participatif, …. Dans cette logique, je crois que le non-anonymat permettrait d’une part d’impliquer encore plus les évaluateurs ; d’autre part, de faciliter la réappropriation des commentaires par les évalués.

Des participants du MOOC ont réalisé des fichiers performants de centralisation des données liées à l’évaluation. Merci à eux car ce travail a permis de centraliser les évaluations afin que nous puissions les utiliser plus facilement et améliorer nos travaux si l’occasion se présente.

 

Pour finir, je dirais que j’ai vraiment vécu cet exercice comme un échange entre collaborateurs. Il était peut-être même plus facile de s’exprimer dans ce contexte où les collaborateurs Mooceurs et Mooceuses n’avaient pas d’autre enjeu que de s’améliorer.

Pour conclure, la mise en place d’une organisation efficace et fiable, le cadrage du rendu des évaluations, et la possibilité d’exploiter les retours des évaluations par les apprenants me semblent être les principaux points pour proposer une évaluation par les pairs constructive. Sans oublier que le volume des évaluations sera ici au service de la qualité des évaluations.

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MOOC & Live Session

En écho à l’article « MOOC et webinaires » de Matthieu Cisel qui relate l’expérience des Google Hangouts on Air de la 1ère édition du MOOC « Monter un MOOC de A à Z », je vais tenter de faire la même chose de manière complémentaire. En effet, j’ai eu la chance de participer, côté coulisse, à chacun de ces événements. J’étais chargée de relever les commentaires et questions postés sur Youtube afin de les communiquer à l’équipe, via l’outil de tchat de Google Hangout.

Il est clair que les sessions live n’ont pas fonctionné comme espéré. Si on regarde les statistiques, hormis pour le 1er Hangout, le nombre de vues, pendant et après la session, est faible. Tout comme le nombre de commentaires postés sur Youtube et Twitter (Youtube et Twitter, avec le hashtag #MOOCAZ, étaient les espaces indiqués pour solliciter l’équipe pédagogique et poser des questions). Les durées moyennes de visualisation se situent autour de 10 minutes pour les sessions ayant duré 30 minutes au total.

Les sessions live, via les Hangout On Air, n’ont donc pas répondu à l’objectif. Mais quels peuvent être les usages de cet outil d’animation ?

  • Apporter des contenus complémentaires aux ressources pédagogiques proposées sur la plateforme (ex : vidéos, bibliographie, …), également en capitalisant sur la communauté des participants en les faisant intervenir. Dans ce cas, la session prendra la forme de restitution et de prise de parole de différents participants. L’échange est centré entre les participants de la session, et pas vraiment avec la communauté. Le format asynchrone est donc adapté à ce modèle et les apprenants pourront visualiser la vidéo à n’importe quel moment.
  • Interagir avec les apprenants, générer des échanges, répondre aux questions de la communauté. Dans ce cas, la session prendra la forme d’un débat avec les apprenants ou d’interviews d’experts auxquels les apprenants pourront poser des questions en live. Ici, le format est synchrone et le nombre de participants pendant le live est essentiel.

 

En fonction de l’usage retenu, il faudra choisir :

  • L’horaire: A noter que l’essentiel des vues ont eu lieu après coup. Normal avec l’horaire à 17h. Il a fallu s’adapter aux contraintes de l’équipe pédagogique qui ne correspondaient pas à celles des participants qui consacraient du temps aux MOOCs sur leur temps personnel. Ceci n’aura pas été un souci s’il avait été décidé en amont que le format synchrone n’était pas une priorité.
  • Le jour: il est recommandé de maintenir la session le même jour chaque semaine. Cela permet de créer un rendez-vous fixe ou de savoir précisément à quel moment la vidéo sera accessible depuis la plateforme ou Youtube, et ainsi de mieux anticiper son organisation personnelle.
  • L’outil et ses fonctionnalités: Pour tchater avec les participants, les commentaires postés sur Youtube ne sont pas l’outil le plus adapté. Un outil de tchat sur une plateforme de webconférence aurait été plus efficace.
  • Le choix des intervenants: Le parti pris a été d’associer à chaque session tous les membres de l’équipe pédagogique, tous connectés depuis des lieux distincts. Après cette expérience, je me dis qu’il aurait peut-être été plus simple que chaque membre de l’équipe assure une session, chacun son tour, sans la présence obligatoire de tous les autres membres. Cela aurait également pu alléger le travail et l’investissement de chacun (et ainsi permettre de proposer un horaire plus adapté). Et puis, j’ai trouvé que ce n’était pas très efficace de voir les personnes sur la vidéo – dans les vignettes du bas – alors que celles-ci ne prennent pas la parole.
  • Les contenus en correspondance avec les attentes des participants par rapport à leur parcours dans le MOOC.

 

Quelques bonnes pratiques à retenir :

  • Préparer en amont les contenus et le déroulé de chaque session live. Ceci n’est pas incompatible avec une adaptation en cours de route mais je crois qu’il est préférable de poser un cadre de travail clair et partagé. En tant que participant, il est difficile de doser son temps, son investissement et son organisation. La session live peut devenir un outil efficace de motivation des participants si la session est bien préparée et bien construite et qu’elle répond aux préoccupations des participants durant leurs parcours de formation.
  • Écrire les questions/réponses des interviewés. Sur les interventions d’invités, qu’il s’agisse d’experts ou de participants, il est important de cadrer leur prise de parole, comme une interview. Cela permettra également à l’animateur de gérer son temps et d’insuffler un rythme dynamique lors de la session. Ceci permettra aux interviewés comme à l’animateur de se sentir plus à l’aise si cela est préparé (cf. il y a déjà beaucoup de paramètres incontrôlables du fait du live, c’est donc rassurant si on prépare bien ce que l’on peut maîtriser).
  • Rappeler les règles du MOOC et proposer un point à date. On sait maintenant comme il est complexe de gérer son investissement sur un MOOC tant par la charge de travail que parce que ce travail est majoritairement réalisé sur le temps personnel. Ceci induit une gestion professionnelle/personnelle délicate pour laquelle un cadre de travail est le bienvenu. Je précise que ce cadre posé doit permettre ensuite à chacun d’exprimer sa créativité. Donc, pour une session d’une heure, on pourrait imaginer un déroulé de la sorte : 15 minutes pour un point en cours et la réponse aux questions les plus fréquemment posées sur les forums (même si l’équipe pédagogique est très dynamique et réactive sur les forums) ; 15 minutes pour une interview d’expert ou la restitution d’un participant ; 30 minutes d’échange entre l’enseignant et les participants.
  • Anticiper et relayer une communication précise. Il s’agira d’être le plus transparent possible sur la finalité et le déroulé de la session live. S’il s’agit d’un format synchrone, la communication servira également à faire venir le maximum de personnes pendant le live. Un mail de relance peut être proposé la veille et/ou intégré dans le mail hebdomadaire de rappel des événements de la semaine (ouverture d’une nouvelle semaine de cours ; rendu des devoirs, session live, etc…).
  • Gérer le stress de la technique. Ce sont des moments assez stressants car nous sommes dépendants des connexions de chacun, du son, de l’image, … Il y a beaucoup de paramètres difficilement maîtrisables.

 

Pour les outils, il en existe beaucoup. On a donc vu Hangout On Air de Google pour diffuser en direct sur Youtube des visioconferences (jusqu’à 10 personnes qui peuvent parler en synchrone et pas de limite pour ceux qui visionnent) ; des outils comme Spreecast, utilisé par le MOOC Journalisme de Rue89 (outil payant pour le concepteur du MOOC ; les participants n’ont qu’à télécharger l’application) ; Glowbl, une plateforme de communication en ligne avec tchat vidéo (modèle freemium) ; des outils utilisés pour des webinaires comme Webikeo, MeetingBurner ou WebEx (de gratuit à abonnements). Toutes les fonctionnalités de ces outils seraient à étudier au regard des fonctions attendues pour les sessions live.

 

Pour conclure, la session live est importante car elle génère de l’interactivité et peut recréer l’expérience collective du présentiel. Pour l’équipe pédagogique, elle sera également l’occasion d’enrichir le contenu des cours par un contenu additionnel proposé sous une forme participative. Restent le choix et la gestion de l’outil qui peuvent créer du découragement tant les obstacles techniques restent présents et le rendu parfois décevant.

 

Pour Matthieu, comme expliqué dans son billet, la principale valeur du Hang Out n’est pas la synchronicité avec toute la communauté que l’intervention de participants situés aux quatre coins de la planète. C’est indéniablement une ressource pédagogique précieuse. Mais je crois aussi que le live avec un outil de tchat qui permet de regrouper des centaines de personnes au même moment (elles-mêmes également situées dans des lieux géographiques éloignés) permet de recréer un moment de présentiel indispensable dans le processus du MOOC où on peut se sentir parfois seul. La session live synchrone peut être un très bon outil de motivation qui permettrait, peut-être, de faire diminuer le taux d’abandon.

La formation des équipes

La formation des équipes de travail est une étape essentielle dans le processus d’un MOOC qui souhaite favoriser l’interactivité entre apprenants. Je vais tenter de vous restituer mon expérience sur le MOOCAZ puis d’en extraire quelques points importants.

 

Quand j’ai commencé le MOOC « Monter un MOOC de A à Z », je pensais réaliser un travail individuel car je voulais tester par moi-même l’ensemble des tâches à réaliser. Lors de la semaine 0 (semaine d’appropriation du fonctionnement de la plate-forme et d’échanges avec l’équipe pédagogique et les autres apprenants), j’ai donc proposé un projet de MOOC E-tourisme. Evidemment, étant encore peu familière de la plateforme, je me suis trompée de fil de discussion et je n’ai pas déposé mon message au bon endroit, c’est-à-dire sur le forum pour proposer des sujets et former des équipes. J’ai pris du temps pour consulter les autres projets et j’avais envie de participer à beaucoup de projets déposés tant les sujets étaient passionnants. J’ai plus particulièrement remarqué un participant cherchant une équipe pour former un MOOC de formation digital (e-business, e-marketing, management), un autre sur l’accueil touristique, ou encore un projet pour aider les élèves de Bac pro à se préparer à l’entrée en BTS. J’ai écrit à chacun de ces porteurs de projet pour signaler mon intérêt à former un groupe de travail. Rapidité de la réponse, veille de ma part sur les éventuels retours (cf. pas de notification de la part de la plateforme pour signaler une réponse sur un fil de discussion), il est évident qu’il y a une grande part de hasard lors de la constitution des équipes. En effet, le manque de fonctionnalités de la plateforme, qui ne prévoit donc pas de système de notifications, ni de système pour être au courant des groupes en cours de constitution (cf. la liste des groupes était visible une fois le groupe constitué), n’a pas facilité la phase de constitution des équipes.

 

On démarre donc notre projet à 3 personnes. On organise un premier Hangout et on pose d’entrée de jeu les règles de départ : une personne sera référente du devoir à rendre ; elle proposera une trame de départ ; les autres membres viendront enrichir le support de travail; un hangout sera organisé chaque semaine pour finaliser en commun le devoir. Lors de la première semaine, nous avons intégré une quatrième personne, ce qui n’a posé aucun souci car nous avons pu lui présenter les principes de notre organisation auxquels elle a adhéré. Le référent du devoir n’était jamais le même d’une semaine sur l’autre afin de répartir le travail. Il était également en charge de rendre le devoir sur la plateforme du MOOC (dans les délais impartis évidemment). Pour rendre le devoir sur la scénarisation d’une activité (devoir n°2), nous avons programmé notre hangout à 21h30 (faute de mieux par rapport aux contraintes de chacun). Nous avons alors travaillé jusque tard car ce devoir posait beaucoup de questions et pour laisser la parole libre à chacun. C’est donc un réel investissement. Mais nous avons réussi à produire un devoir partagé par tous les membres de l’équipe, c’est-à-dire que chacun se sent impliqué et porteur de ce projet ; et créer des liens en ayant vécu cet événement inhabituel : une nocturne en format hangout avec des personnes qui ne se connaissaient pas 2 semaines avant et qui habitent à des centaines voire des milliers de kilomètres.

 

Cette expérience est un formidable levier de motivation et de création de valeur, tant sur la participation individuelle de chaque co-équipier que sur l’émergence de compétences complémentaires au fur et à mesure du MOOC.

 

Voici les facteurs de réussite que je retiens pour la formation d’équipes véritablement opérationnelles :

  • l’importance de travailler sur un sujet choisi et partagé pour impliquer et augmenter l’investissement de la communauté (ce qui est déjà facilité dès lors que nous sommes dans le cadre d’un MOOC) ;
  • le partage sur la finalité attendue : nous étions tous très motivés pour réaliser l’ensemble des devoirs du parcours « Création de MOOC » ;
  • la nécessité de poser clairement un cadre de travail au départ (qui n’empêchera pas également une forme de souplesse au fur et à mesure pour s’adapter au réel) et de définir les outils de travail qui seront utilisés (ici : échange de mails avec googlegroup ; itération sur nos travaux sur googledocs ; webconference avec google hangout. Je tiens à noter que c’est uniquement par facilité que nous avons utilisé les outils Google) ;
  • la valorisation de chacune des interventions des membres du groupe. En étant à l’écoute de chacun, nous avons découvert que nous apportions tous une contribution différente et enrichissante sur nos travaux.

 

Au final, nous avons réussi à actionner les leviers d’une dynamique de travail en présentiel. Et avoir les encouragements de Monsieur Cisel himself sur la qualité de notre teaser et de notre page de présentation, c’est la cerise sur le gâteau.

Ce billet est extrait d’un échange avec Matthieu Cisel, restitué dans l’article « MOOC: retour d’expérience d’une participante engagée« , publié sur le blog Eduspros.fr

MOOC & événementiel

Comme beaucoup d’entre nous, j’ai entendu parler des MOOCS il y a quelques mois seulement, ne sachant pas encore que ce mouvement avait été lancé depuis 2008 aux Etats-Unis. Mais cette vague Mooc a déferlé récemment de l’autre côté de l’Atlantique. Etant persuadée d’une part que l’éducation et l’accès aux savoirs sont essentiels pour l’individu comme pour la société, et d’autre part que nous vivons une profonde mutation culturelle avec le digital, comment ne pas s’intéresser à ce phénomène ???

Je m’inscris à mon premier MOOC que je ne suis absolument pas, puis un deuxième pour réitérer l’expérience non concluante mais ça ne marche pas non plus et je suis assez exaspérée par les dates et les échéances que je ne comprends encore pas. Enfin, je réussis à suivre un Mooc en entier. Tout du moins, je crois que je l’ai suivi en entier. Car en fait, je n’ai fait que suivre les cours, à savoir visionner les vidéos avec prise de notes pour ma part, répondu aux quizz et tout de même réalisé l’étude de cas, proposée en dernière semaine, pour obtenir l’attestation de réussite. Là aussi, je m’énerve un peu sur l’échéancier et les délais serrés imposés par l’équipe pédagogique. Je trouve tout ça très juste et très difficile à tenir. Mais malgré tout, j’accède à un savoir et je suis stimulée par ce timing et la dynamique générée sur le forum, les réseaux sociaux et les évènements live proposés chaque semaine.

Puis, j’ai envie d’en savoir plus alors quand je découvre le MOOC « Monter un MOOC de A à Z », je me dis que c’est une belle opportunité. Je m’inscris et propose même un peu de temps à l’équipe pédagogique pour animer le forum. Et j’ai vu des choses nouvelles encore.

J’ai enfin compris pourquoi les MOOC proposaient des dates d’inscription très précises!

Ou plutôt j’ai compris le bénéfice de ce qui m’apparaissait comme une forte contrainte, outre le fait que cela permette de distinguer un MOOC d’un cours ou d’une ressource éducative en ligne. C’est cette dynamique de groupe incroyable que l’on trouve dans un MOOC que je n’avais pas perçue, malgré la lecture d’articles sur le sujet. J’ai vraiment envie de soulever ce point car je pense ne pas être la seule à avoir souhaité accéder aux cours tout de suite et maintenant (surtout quand, comme dans mes premiers MOOC, je souhaitais surtout accéder aux cours mais rien de plus évidemment, surtout pas d’interactions avec les participants, il ne faut pas trop se mouiller tout de même !).

Donc, pour le MOOCAZ, j’étais dans les startings blocks le jour du démarrage. Et hop. C’est parti et ça ne vous lâche plus pendant tout la durée du MOOC. Une énergie et une stimulation collective incroyable. Un fonctionnement en mode projet qui génère de l’adrénaline comme quand vous êtes sur le point de démarrer le salon que vous avez organisé, de lancer la campagne de publicité sur Internet que vous avez monté ou rendre public le produit que vous avez designé.

Est-ce que mon implication était plus importante ? Probablement. En tout cas, je vous conseille de vivre cette expérience. Se regrouper autour de savoirs et de compétences que l’on souhaite partager, ce sont des perles éphémères, bien précieuses. Le MOOC est un événement donc. Je ne l’avais pas du tout perçu comme tel il y a quelques semaines. Et c’est précisément ce côté évènementiel qui lui donne un impact fort. Je pensais que les dates permettaient de maintenir l’équipe pédagogique et d’animation sur un temps donné mais cela va bien plus loin.

Nous sommes ici dans la culture du partage, de l’expérimentation, de la prise de risque.

Je ne dis pas que tout cela est idéal. Mais je dis que cela fait du bien, dans notre mode de fonctionnement, de se confronter à ce genre d’expériences. Ça remue, ça stimule, ça retourne aussi. Il ne s’agit pas d’être constamment bousculé, nous sommes déjà assez pris par la tornade numérique, mais parfois, de temps en temps, d’échanger sur ses pratiques, sans fard, c’est riche. J’avais donc à cœur de mettre en exergue ce point et je reviendrais sur des éléments plus précis de cette dynamique de groupe.